Pyrénées : un maire interdit la randonnée à cause de la présence "d'ours à problème"

Un ours équipé d'un collier émetteur dans le parc national de Yosemite (USA). Photo prise le 5 juillet 2020
Planète

FAUNE - Le maire d'Ustou, Alain Servat, a interdit ce jeudi les randonnées pédestres sur une portion de massif montagneux située sur sa commune en raison de la présence récurrente d'ours. La préfecture a déclenché la procédure "d'ours à problème."

"Tous les soirs, des troupeaux subissent des attaques, on en est à 80 brebis reconnues comme prédatées. Et là, cette nuit, de minuit à 6 heures, quatre ours n’ont pas cessé d’attaquer des troupeaux sur l’estive du Col d’Escots". Le maire d'Ustou, Alain Servat, s'est justifié de sa décision d'interdire les randonnées dans la zone de sa commune qui surplombe le cirque de Cagateille. Motif : des attaques à répétition de plantigrades contre des troupeaux. "La bergère s'est trouvée en danger", affirme l'élu, "les agents effaroucheurs de l'OFB  (Office français de la biodiversité) ont eu beaucoup de mal à les repousser,  ils n'y sont pas arrivés, d'ailleurs", a-t-il ajouté.  

Ce secteur frontalier de l'Espagne est très fréquenté par les marcheurs à cette époque de l'année. L'édile, opposé à la présence d'ours dans les Pyrénées, n'en est pas à son coup d'essai. Quelques années plus tôt, il avait été épinglé par la préfecture pour ses arrêtés interdisant de façon symbolique la divagation des ours sur le territoire de sa commune. 

La procèdure "ours à problème" déclenchée

La préfète de l'Ariège, Chantal Mauchet, a dans la foulée déclenché le  protocole "ours à problème", ouvrant au renforcement des moyens face aux  prédateurs. La préfecture a confirmé dans un communiqué que des agents de l'OFB  avaient procédé dans la nuit du 15 au 16 juillet à "une opération  d'effarouchement renforcé" sur l'estive concernée. Cette opération n'a pas permis "de mettre en fuite" un groupe de quatre plantigrades, "une ourse accompagnée de deux oursons et un ours mâle subadulte"  qui séjournent dans le secteur, a précisé la préfecture. Dès la nuit de jeudi, des agents de l'OFB "seront mobilisés en urgence pour  poursuivre les opérations d'effarouchement renforcé",  puis à partir de  vendredi et jusqu'à dimanche "des bergers d'appui de la Pastorale pyrénéenne , une association au service des professionnels du pastoralisme sur le massif  pyrénéen , mèneront des nouvelles surveillances de nuit". 

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Le groupement pastoral affecté fait partie des quatre où la préfecture a autorisé début juillet des procédures d'effarouchement renforcé, incluant selon  la préfecture l'utilisation de cartouches double détonation.  Cette mesure réglementaire intervient peu de temps après qu'un ours de quatre ans ait été retrouvé tué par balles à Ustou. Le décès de l'animal le 9 juin dernier avait ravivé le conflit entre pro- et anti-ours. L'Etat avait annoncé une plainte mais l'enquête n'a pas permis de découvrir l'auteur du coup de feu. 

Depuis la fin des années 90, l'ours a été réintroduit dans le massif pyrénéens. Désormais, on y dénombre une cinquantaine de spécimens. 

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