Qu'est-ce que le "fuel tankering", cette technique très polluante utilisée par 1 avion sur 5 en Europe ?

Photo d'illustration d'un avion.
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ASTUCE - Pour faire des économies, certaines compagnies aériennes n'hésitent pas à surcharger les réservoirs de leurs appareils pour éviter de faire le plein là où il coûte le plus cher. La pratique, répandue en Europe, nuit gravement au climat.

Les automobilistes avertis le savent : pour ménager son porte-monnaie, mieux vaut ne pas faire le plein sur l'autoroute. Les compagnies aériennes, utilisent la même stratégie. Pour éviter de payer trop cher leur kérosène dans certains pays, elles préfèrent surcharger leurs appareils au décollage avec plusieurs tonnes de carburant supplémentaires, afin de ne pas avoir à faire le plein après l'atterrissage.

Or, plus un avion est lourd et plus il pollue. Des millions de tonnes de CO2 seraient ainsi relâchées chaque année dans l'atmosphère pour permettre aux compagnies aériennes de gagner quelques centaines d'euros par vol... voire quelques dizaines, révèle la BBC.

18.000 tonnes supplémentaires de CO2 relâchées par British Airways en 2018

Selon des documents qu'a pu se procurer la chaîne britannique, British Airways aurait récemment chargé trois tonnes de kérosène supplémentaires à bord d'un vol ralliant l'Italie. Et alors que l'économie réalisée sur ce vol peut paraître dérisoire - moins de 46 euros - l'impact sur l'environnement, lui, l'est beaucoup moins. Ce poids supplémentaire aurait poussé l'avion à émettre 600 kilos de CO2 supplémentaires, soit une émission équivalente au voyage d'un Britannique jusqu'à New York en avion.

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L'International Airlines Group (IAG), propriétaire de British Airways, déclare pourtant vouloir se positionner comme le premier groupe aérien mondial en matière de développement durable. La compagnie britannique se targue même d'imprimer son magazine avec du papier plus léger que la norme, pour alléger de quelques grammes ses avions. Pour autant, elle aurait généré, en surchargeant ses appareils en kérosène, 18.000 tonnes supplémentaires de CO2 l'an dernier, rapporte la BBC.

Suite à ces révélations, le directeur général d'IAG, Willie Walsh, a annoncé que la compagnie aérienne procéderait à un examen de la pratique. British Airways a par ailleurs souligné que depuis 2012, tous ses vols effectués à l'intérieur de l'Europe respectaient le système communautaire d’échange de quotas d’émission (SCEQE), qui fixe un plafond d'émissions pour les centrales électriques, les industries ou encore les compagnies aériennes.

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Un vol sur cinq opéré par des compagnies européennes concerné

Si British Airways est pointé du doigt dans cette enquête, la compagnie aérienne est loin d'être la seule à charger ses avions avec des tonnes supplémentaires de kérosène. Selon un rapport d'Eurocontrol, l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, un vol sur cinq opéré par des compagnies européennes serait concerné par cette pratique. 

Ces dernières transporteraient ainsi chaque année 286.000 tonnes de carburant non nécessaire, pour une économie d'environ 265 millions d'euros. D'après une carte réalisée par l'organisme, faire le plein de kérosène à Montpellier ou à Perpignan coûterait en effet 50% plus cher qu'à La Haye, aux Pays-Pays. En contrepartie, 901.000 tonnes supplémentaires de CO2 sont relâchées tous les ans dans l'air, soit l'équivalent des émissions de gaz à effet de serre annuelles d'une ville européenne de 100.000 habitants.

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