En surchauffe, les Pyrénées pourraient perdre la moitié de leur enneigement actuel

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CLIMAT - Les scientifiques sont unanimes : la planète se réchauffe et le pire est à venir. Pour les Pyrénées, les dommages pourraient être irréversibles. Selon un rapport, la chaîne de montagnes risque de perdre la moitié de son enneigement actuel d'ici 2050.

L'épaisseur de neige dans les Pyrénées pourrait diminuer de moitié, révèle l'Observatoire pyrénéen du changement climatique (OPCC) ce lundi 12 novembre dans son rapport sur le changement climatique. En cause ? Les pluies plus rares et les températures maximales moyennes qui augmenteraient de 1,4 à 3,3 degrés d'ici à 2050.


"La Terre n'a jamais connu de changements climatiques aussi rapides que ceux d'aujourd'hui", expose le rapport, qui a comparé les variations de températures avec celles connues durant les périodes de transitions glacières et l'Holocène... soit les 11.700 dernières années.

Par exemple, depuis 1949, les températures moyennes annuelles ont augmenté de 0,2 degrés par décennie, soit une augmentation totale de 1,2 degrés, "générale sur tout le massif". Une documentation très détaillée qui permet aux scientifiques de faire plusieurs calculs d'anticipation peu rassurants. 

Jusqu'à 7,1 degrés de plus, dans le pire des cas

Selon plusieurs scénarios de projection réalisés dans le cadre du projet de recherche transfontalier ClimPy (entre la France, l'Espagne et Andorre), les températures maximales pourraient augmenter de 1 à 2,7 degrés à l'horizon 2030 et de 1,4 à 3,3 degrés à l'horizon 2050. En fin de siècle, l'augmentation "oscillerait entre 4,3 et 7,1 degrés" pour le pire scénario, et "1,9 et 4,2 degrés" dans le meilleur des cas.


Le rapport souligne aussi la baisse des volumes annuels de précipitations (-2,5% par décennie), accompagnée d'une "baisse significative de l'épaisseur moyenne de neige". Ainsi, dans les Pyrénées centrales, à une altitude de 1800 mètres, "l'épaisseur moyenne de la neige pourrait diminuer de moitié d'ici 2050, selon la référence actuelle" détaille l'OPCC, ajoutant que "la période de permanence de la neige au sol réduirait de plus d'un mois".

Les animaux, premiers impactés

Ces multiples changements, sans précédent, "influent sur les espèces de montagne les plus sensibles". Certains oiseaux "sont en train de voir leur état physiologique et leur abondance altérés", quand "des diminutions considérables de population" chez les amphibiens, groupe de vertébrés "parmi les plus vulnérables", ont été constatées. 

A l'échelle globale, le rapport estime que "les espèces européennes se sont déplacées de 11 mètres en moyenne par décennie vers les altitudes supérieures, à cause  du réchauffement planétaire". Or c'est un réel problème pour l'harmonie de ce petit monde animal, car "certaines espèces dépendent les unes des autres" et ne font pas les mêmes choix de déplacements. D'autres effets négatifs seraient à prévoir, comme l'augmentation des risques naturels (inondations violentes, glissements de terrain, avalanches) notamment. 

Des conséquences économiques pour la région

Par ailleurs, ce réchauffement climatique des Pyrénées n'aura pas qu'un impact sur la faune et la flore des montagnes, mais pourra avoir des conséquences économiques dramatiques. Comme la diminution du débit des cours d'eau qui, à terme, "peut affecter la capacité des centrales  hydrauliques à produire de l'énergie". Ou encore "la réduction de l'attrait touristique hivernal de certaines stations de ski" qui ferait mettre la clé sous la porte à un bon nombre de travailleurs.


Ces derniers points pourraient bien sur être contrebalancés par quelques  évolutions positives, comme l'augmentation de la capacité de production d'énergie photovoltaïque (+10% au milieu du siècle) et un prolongement de la saison touristique estivale dans les Pyrénées. Mais les experts appellent tout de même à une responsabilisation des populations quant au dérèglement climatique. 

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