REPORTAGE - Sur les pas de la Bièvre, rivière oubliée de Paris

REPORTAGE - Sur les pas de la Bièvre, rivière oubliée de Paris
Planète

REPORTAGE - Partenaire du Prix Entreprises pour l’environnement (EpE), LCI vous livre pendant un mois des articles autour de la thématique "Vivons la nature en ville" et plus généralement de l’environnement. Alors que David Belliard, candidat EELV aux municipales à Paris, et ses partisans ambitionnent de faire rejaillir la Bièvre, LCI s'est rendu dans le 13e arrondissement, là où coulait jadis la rivière, à la rencontre des riverains, pas forcément convaincus.

Elle est bien là, même si personne ne la voit. Sous le métro aérien de la ligne 6, rien ne laisse présager de la présence d’une rivière plusieurs mètres sous terre, si ce n’est une plaque dorée, clouée au sol, sur laquelle on peut lire : "Ancien lit de la Bièvre. Le viaduc enjambait ici les 2 bras de la rivière". C’est ici, boulevard Auguste Blanqui, dans le 13e arrondissement de Paris, que le cours d'eau se séparait pour se jeter plus loin dans la Seine, vers la gare d’Austerlitz. En 1912, la pollution eut raison de la Bièvre qui fut enterrée sous une couche de béton – les manufactures et teintureries s’étaient implantées dans le quartier et utilisaient son eau, la rendant impropre à la consommation. 

Lire aussi

Depuis, la Bièvre, qui termine sa course dans les égouts,  ne coule plus dans la capitale. Et si des projets de réhabilitation ont bien été entrepris ces vingt dernières années, tous ont échoué aux portes du conseil de Paris. Une situation à laquelle souhaite remédier la candidate EELV Anne Souyris en cas d’élection à la mairie du 13e arrondissement. "Ce qui a dérangé la majorité de l’époque, vers 2005, c’est que ça empêchait les voitures de passer", rappelle la candidate écologiste. "Maintenant, c’est même une raison pour laquelle il faut accélérer le mouvement. Je pense que l’on est prêt." 

Une façon de lutter contre les épisodes de canicule ?

"Je trouve l’idée pas mal", confie Marianne, jeune retraitée installée au comptoir d’un café du boulevard Auguste Blanqui. Avant d’avouer, dans un haussement d'épaules : "Franchement, je ne sais pas ce qu’il faut faire pour respirer mieux à Paris. Car c’est ça l’enjeu." De fait, les périodes de fortes chaleurs sont devenues récurrentes et de nombreux élus voient dans les cours d'eau la meilleure alternative pour faire face à la hausse des températures. "Avoir une proximité d’eau fait tout de suite baisser la température de 2 à 3°C", défend a insi Anne Souyris.

Pour Jean-Louis, croisé plus haut, à la Butte aux Cailles, le projet des écologistes "n’est pas la solution" face à la canicule. Lui qui habite depuis 20 ans dans ce coin tranquille, en dessous duquel passe la Bièvre, s’interroge : "Peut-être faut-il créer des plans d’eau, comme il y en a près de l’Ehpad Annie Girardot (un éco-quartier construit en 2015 sur le site désaffecté de la gare de Rungis où se poursuit la Bièvre, ndlr) ?" 

Jean-Louis considère surtout le projet comme "délirant" pour une raison simple : "Ça va provoquer une flambée des prix dans le quartier. Partout où il y a eu des aménagements, comme les jardins partagés sur la Petite Ceinture, les tarifs des appartements limitrophes ont énormément grimpé." 

Lire aussi

Toujours est-il qu'à la Butte, le projet de redécouverte de la rivière suscite l’indifférence, sinon la méfiance des riverains. "Pour quoi faire ?", se demande Jean, attablé dans l’un des restaurants de la rue des Cinq Diamants. L'habitué des lieux est catégorique : "Ça ne sert à rien de faire remonter la Bièvre. On va mieux respirer parce qu’un fleuve va passer par là ? Je ne pense pas, non. C'est déjà assez compliqué comme ça." 

Anne Souyris, elle, voit en ce projet "une manière de renouer avec l’histoire de Paris". S'il est adopté, la Bièvre ne sera pas pour autant découverte en un jour : la piétonnisation le long de la rivière devrait prendre deux ans, la redécouverte des tronçons une dizaine d’années. 

En vidéo

La France est-elle une bonne élève en matière d’écologie ?

Comme chaque année depuis 15 ans, Entreprises pour l’Environnement (EpE), LCI (anciennement Metronews) et les sponsors du Prix lancent leur appel à projets pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 10 000€. Cette année, les jeunes de 15 à 30 ans sont invités à formuler des idées concrètes et inédites en répondant à la problématique suivante : "La nature et la ville seront au cœur de l’actualité en 2020, une année décisive pour le climat et la biodiversité. Comment les villes de demain assureront-elles bien-être et santé à tous les citadins ? De nombreux défis restent à relever afin de transformer nos conditions de vie en ville : limiter l’étalement urbain, lutte contre le changement climatique, réduction de la pollution, gestion des déchets, accès à une alimentation saine, constructions durables…" Soyez ambitieux, créatifs et persuasifs ! Dépôt des dossiers jusqu’au 23 mars 2020.

Pour plus de précisions, rendez-vous sur le site dédié ou la page Facebook.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent