Sécheresse, inondations et "mégafeux" : la carte d'Europe des zones qui seront touchées dans les prochaines décennies

Tempêtes, inondations, incendies... Les phénomènes extrêmes sont de plus en plus fréquents dans l'Hexagone. Les scientifiques font les liens avec le dérèglement climatique.
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PRÉVISIONS - Dans une série de cartes publiées lundi 10 février, l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) illustre les potentiels effets du réchauffement climatique en Europe, selon deux scénarios différents de baisse ou de hausse des émissions de gaz à effet de serre. Inondations, élévation du niveau de la mer, sécheresse et feux de forêt… Le continent européen est loin d’être à l’abri des changements météorologiques.

Le changement climatique est réel et quand bien même des efforts sont entrepris, il aura bientôt des conséquences catastrophiques sur les territoires et les populations. Un constat déjà dressé depuis des années par les scientifiques et que l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a cherché à illustrer par une série de cartes

Pour ce faire, l’Agence s’est fondée sur les rapports existants, notamment ceux du Giec, et est partie de deux scénarios différents. Un scénario de faibles émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le cas où l’Accord de Paris est respecté – il prévoit la limitation de la hausse des températures à 1,5, voire 2°C – et un autre d’émission élevées avec une hausse des températures de 4°C d’ici la fin du siècle. Cette deuxième hypothèse étant la plus privilégiée, au regard de l'évaluation des politiques publiques mondiales en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

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Jusqu'à une hausse d'un mètre du niveau de la mer

"La hausse du niveau de la mer par rapport à la terre le long de la plupart des côtes européennes devrait être similaire à la moyenne mondiale, à l'exception du Nord de la mer Baltique et de la côte nord de l'Atlantique, qui connaissent une élévation considérable des terres en raison du rebond postglaciaire", détaille l’AEE. Se basant sur le rapport du Giec sur les océans qui prévoit une élévation du niveau de la mer de 0,3 à 0,6 mètre au XXIe siècle, l’Agence démontre que ce niveau peut varier selon le scénario adopté. 

Dans le cas où l’Accord de Paris serait respecté, la mer ne pourrait monter qu’entre 0,2 et 0,4 mètre. En revanche, dans l’hypothèse où cet accord n’est pas suivi et que les émissions de GES ne sont pas limitées par les pays, le niveau moyen de la mer montera entre 0,4 et 1 mètre, voire jusqu’à 2,5 mètres selon certaines études !

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Des côtes inévitablement inondées

Une élévation du niveau de la mer aura des conséquences directes sur les côtes, qui se trouveront de plus en plus inondées. La question est de savoir à quelle fréquence celles-ci seront submergées par les eaux. Selon le scénario envisagé, cette fréquence "devrait augmenter de plus d'un facteur 10 dans de nombreux sites européens, et de plus de 100 voire 1000 dans certains sites" durant le siècle.

En France, les récentes intempéries, comme dans la région du Sud-Est, ont rapidement fait resurgir la problématique de l'urbanisation. Plus les sols sont bétonnés, plus ils sont imperméables et moins l'eau est absorbé rapidement, favorisant la brusque montée des eaux. 

Les habitants des régions basses les plus exposés

Ces inondations, de plus en plus fréquentes, toucheront en premier lieu les populations vivant sur les côtes du continent européen. Et ce sont particulièrement les "régions basses situées entre 1 et 6 mètres au-dessus du niveau moyen actuel de la mer" qui seront exposées aux risques d'inondations. L’AEE prévient par ailleurs que si aucune infrastructure n’est construite pour protéger les côtes, ces zones basses seront "inondées de façon permanente au cours des siècles à venir". Ces zones basses sont les côtes belges, néerlandaises, danoises, celles du Nord-Ouest de l’Allemagne, du Sud de la Suède, mais aussi le Sud et l’Ouest de la France et l’Italie du Nord-Est. 

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Des risques accrus de feux dans le Sud

Depuis quelques années, plusieurs régions du monde sont touchées par des feux de forêt de saison mais avec une intensité nouvelle. Certains sont même appelés "mégafeux" en raison de leur nature exceptionnelle, comme ceux faisant rage depuis le mois de septembre en Australie. Si le continent européen ne connait pas pour le moment ce niveau d'incendies, les prévisions scientifiques laissent à penser que cela ne va pas durer. Selon le pire scénario envisagé par l’AEE et une hausse de 4°C des températures d’ici 2100, l’augmentation du risque de feux liés aux conditions météorologiques est supérieure à 40 % dans le Sud de l’Europe. De fortes hausses sont également à anticiper dans le Nord.

Et ces feux vont être liés de près aux périodes de sécheresses. Selon l'AEE, elles seront plus fréquentes, plus longues et plus graves en Europe au cours du siècle à venir, à l'exception du Nord du continent. Dans le Sud, ces sécheresses favoriseront "la concurrence entre les utilisateurs d'eau, tels que l'agriculture, l'industrie, le tourisme et les ménages". 

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