Seuls 20% de l'aide au développement correspond aux objectifs climatiques, s'alarme l'OCDE

Seuls 20% de l'aide au développement correspond aux objectifs climatiques, s'alarme l'OCDE
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COLÈRE - Dans un rapport publié ce mercredi, l'OCDE s'insurge de la trop faible utilisation de l'aide au développement pour répondre aux objectifs climatiques fixés par l'Accord de Paris. Celle-ci serait encore trop souvent allouée au financement de "combustibles fossiles".

Pour l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'aide allouée aux pays en développement n'est pas utilisée à bon escient. Dans un rapport publié ce mercredi, avant l'ouverture lundi à Madrid de la 25e réunion annuelle de l'ONU sur le climat (COP25), elle s'insurge de l'utilisation pour le financement de "combustibles fossiles" des sommes fournies pour améliorer le développement économique et le niveau de vie de ces pays. Elle appelle les pays donneurs à contribuer davantage aux objectifs climatiques.

"Compte tenu de l'urgence climatique à laquelle nous sommes confrontés, dont certains des impacts les plus lourds toucheront les pays en développement, rien ne peut justifier l'utilisation de l'aide étrangère pour subventionner les combustibles fossiles", a martelé Angel Gurria à l'occasion de la publication de ce rapport, intitulé "Aligner coopération pour le développement et action pour le climat: la seule voie à suivre".

Près de 90% des financements à l'industrie et à la construction non orientés vers des solutions plus vertes

D'après ce document, seules 20% des ressources "versées chaque année au titre du financement du développement par les membres du Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE entre 2013 et 2017 étaient ciblés, entre autres, sur le changement climatique". Les investissements des organismes multilatéraux comme l'ONU et les banques internationales de développement, ont en revanche été plus vertueux. Ils ont permis de financer à hauteur de 40% des solutions en faveur du climat, relève l'OCDE.

Malgré tout, 87% des financements alloués entre  2016 et 2017 à l'industrie et à la construction et 47% de ceux destinés au transport et au stockage n'étaient pas orientés vers des solutions permettant de répondre aux objectifs climatiques. Ces investissements "non climatiques" grimpaient à 41% dans le secteur de l'énergie et 39% dans celui de l'agriculture, de la pêche et de la gestion forestière.

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Si ces financements bénéficiant aux énergies renouvelables et à l’efficience énergétique ne sont donc pas majoritaires, ils sont néanmoins en hausse. Selon le rapport, les pays "ont peu ou prou doublé" leurs ressources à l’appui des énergies renouvelables depuis l’Accord de Paris de 2015, "pour les porter de 5,6 milliards USD [5 milliards d'euros, ndlr.] par an en moyenne en 2014-15 à 12,2 milliards USD [11 milliards d'euros, ndlr.] par an en moyenne en 2016-17". Mais pour l'OCDE, "les ressources allouées aux nouveaux projets reposant sur les combustibles fossiles continuent de porter préjudice aux efforts dans ce domaine". En 2016 et 2017, 1,4% du financement total du développement a bénéficié à des activités relatives aux combustibles fossiles.

"Nous devons poursuivre nos efforts jusqu'à la suppression totale des dotations aux combustibles fossiles et intensifier notre action visant à faire face au changement climatique", Angel Gurria dans un communiqué. Une enquête menée auprès des fournisseurs d’aide dans le cadre du rapport a révélé qu’un tiers des sondés ont établi des listes d’exclusion pour les activités à forte intensité de combustibles fossiles. Le Groupe de la Banque européenne d’investissement (BEI) s’est ainsi récemment engagé à mettre fin au financement des projets à l’appui de l’énergie reposant sur des combustibles fossiles à compter de fin 2021.

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Estimant que ces avancées "ne sont pas assez rapides", l'OCDE dit craindre que ces financements aux énergies fossiles ne piègent "piéger les pays dans des trajectoires de développement qui aggraveront et renforceront leur vulnérabilité au changement climatique".

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