#TémoinDuClimat : l'Affaire du siècle lance un appel à témoignages pour relancer le dossier

Capture d'écran de la carte créée par les initiateurs de l'Affaire du siècle et rassemblant les témoignages d'internautes sur le changement climatique.
Planète

ACTION - Un an après le lancement de l'Affaire du siècle, les quatre ONG à l'origine de cette initiative s'associent à nouveau pour tenter de faire réagir l'Etat. Ensemble, elles lancent un appel aux "témoins du climat", pour cartographier les effets du réchauffement en France.

2,3 millions de personnes avaient à l'époque apporté leur soutien en signant la pétition, ce qui faisait d'elle la plus signée en France. Le 18 décembre 2018, Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France annonçaient leur volonté d’attaquer l’État français en justice pour inaction face à l’urgence climatique. Baptisée l’Affaire du Siècle, cette initiative a débouché en mars 2019 sur le dépôt d'un recours contre l'Etat devant la justice administrative.

Toujours en attente d'une réponse des services de l'Etat avant une éventuelle audience et dénonçant le fait qu'un an plus tard "l'Etat est toujours en retard sur ses objectifs", les quatre ONG ont fait savoir ce mercredi l'intention de relancer le dossier. Elles lancent ainsi "un grand appel à témoignages avec l’ambition de construire la cartographie inédite des impacts des changements climatiques en France selon le point de vue des citoyens".

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Des témoignages pour dresser un état des lieux

Ces témoignages, recueillis sur les réseaux sociaux via le mot-dièse #TémoinDuClimat ou sur le site de l'Affaire du Siècle, peuvent faire état de nombreuses problématiques allant de la hausse des températures à la multiplication des événements climatiques extrêmes, mais aussi de leurs conséquences sur la santé, sur la perte de revenus ou encore sur le degré d'éco-anxiété, font savoir les ONG. Selon l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), 62 % de la population française est exposée "de manière forte ou très forte à des risques climatiques".

J'ai peur pour mon avenir. Je vois la nature de moins en moins vivante.- Un internaute témoignant sous le mot-dièse #TémoinduClimat

A midi ce mercredi, près de 3.000 personnes avaient déjà partagé leurs témoignages, enrichissant ainsi la carte de France mise en ligne sur le site de l'Affaire du Siècle. Dans le Sud-Ouest, certains font ainsi état de l'érosion qui guette leur région : "Les falaises de Bidart s'écroulent et sont érodées chaque année un peu plus. C'est visible a mon échelle humaine. J'ai seulement 38 ans", rapporte un internaute. 

Un autre, en Savoie, rapporte une sécheresse de plus en plus problématique : "Le ruisseau à côté de mon jardin permettait depuis toujours une production locale de légumes. Depuis 2 ans le ruisseau est asséché de juin à septembre, la première fois de mémoire de villageois ..." "J'ai peur pour mon avenir. Je vois la nature de moins en moins vivante", s'inquiète un autre dans le Loir-et-Cher.

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Ouvrir les yeux de l'Etat pour le pousser à agir

Grâce à ces récits, les initiateurs de l'Affaire du Siècle comptent non seulement rendre plus "ouvrir les yeux de l'Etat" sur le changement climatique, mais également nourrir leur recours en justice. Certains témoignages pourront en effet être intégrés au dossier juridique par les avocats de l’Affaire du Siècle, sous réserve de leurs auteurs. "Il s'agit de mettre un peu plus la pression sur l'Etat pour le pousser à nous répondre," explique à l'AFP Cécilia Rinaudo, directrice générale de Notre affaire à tous.

Selon les quatre ONG, les politiques actuelles sont loin de permettre la réalisation des engagements de la France, internationaux ou des lois nationales. "La neutralité carbone prévue en 2050 [par la loi énergie-climat adoptée en septembre, ndlr.] serait obtenue en 2093, soit avec 43 ans de retard", soulignent-elles notamment. Concernant l'objectif 2030 de réduction des émissions de CO2 par le secteur des transports qui doivent être fixés dans le cadre de la révision de la Stratégie Nationale Bas Carbone, il serait cette fois atteint 75 ans de retard.

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