UFC-Que Choisir alerte sur la provenance des poissons en grande surface

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ENVIRONNEMENT - Ce lundi, UFC-Que Choisir publie une enquête concernant l’étiquetage des poissons et produits issus de la mer dans les grandes surfaces. Selon l'association de consommateurs, près de 86% des poissons vendus dans la grande distribution sont pêchés selon des méthodes non durables ou dans des stocks surexploités.

Méfiez-vous des étiquettes sur les étals de poissons dans les grandes surfaces. C'est, en substance, le message que veut faire passer l'UFC-Que Choisir ce lundi après la publication d'une enquête pointant du doigt la conformité des mentions concernant les produits marins dans les supermarchés. Selon l'association de consommateurs, la quasi-totalité des poissons présents sur les étals des grandes surfaces ne sont pas issus de la pêche durable, notamment le cabillaud, la sole et le bar, pourtant menacés par la surpêche.

86% des poissons vendus dans la grande distribution pêchés selon des méthodes non durables

Ainsi, près de 86% des poissons vendus dans la grande distribution sont pêchés selon des méthodes non durables ou dans des stocks surexploités. Pour en venir à ce constat, UFC-Que Choisir a enquêté auprès de 1134 poissonneries de grandes surfaces entre le 20 janvier et le 3 février derniers. "Système U, l’enseigne la plus mal notée, propose 89 % de poissons non durables, alors que Cora qui est le moins mal classé, en propose 81 %, soit une proportion à peine moins élevée", précise l'association dans un communiqué.

Pour l'association, l'enquête avait un double objectif : vérifier le respect des mentions obligatoires sur les méthodes de pêche et les zones de capture et analyser les résultats sur la durabilité des ressources exploitées,  tant en termes de méthodes de pêche que de zones de captures. "Le résultat est malheureusement tristement sans appel : la grande distribution n'a aucune politique d'approvisionnement durable pour les trois espèces étudiées", constate UFC-Que Choisir, qui déplore également que dans 2/3 des cas, les mentions obligatoires sont "absentes, fantaisistes ou trop vagues".

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Selon une étude de l'institut FranceAgrimer datant de septembre dernier, trois quarts des achats de poissons frais et autres produits de la mer des consommateurs français sont réalisés dans la grande distribution. Concernant les zones de capture, l'association a relevé des mentions vagues du type "Atlantique" ou "Méditerranée": "Or, en l'absence de zone maritime précise, on ne peut pas identifier les poissons provenant de stocks surexploités", estime-t-elle , avant de préciser que les méthodes de pêche sont absentes des étiquettes pour un poisson sur quatre.

En conclusion de son enquête, l'association de consommateurs "exhorte les ministres de la pêche à aligner strictement les futurs quotas sur les recommandations émises par les experts du Conseil international pour l'exploration de la mer", "demande que l’étiquetage réglementaire intègre un indicateur explicite de la durabilité du poisson" et a annoncé avoir saisi la répression des fraudes "pour que celle-ci réalise des contrôles sur le respect des dispositions réglementaires d’étiquetage."

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