Une fois démantelée, que va devenir la centrale de Fessenheim ?

La plus ancienne centrale nucléaire du pays est à l'arrêt depuis lundi soir. A Fessenheim, c'est un véritable crève-cœur pour les habitants.
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DEMANTELEMENT – Après 43 ans d’activité, la plus vieille centrale nucléaire de France a définitivement cessé de fonctionner lundi 29 juin avec l’arrêt de son deuxième réacteur. Que va devenir la centrale de Fessenheim ?

C’est la fin de 43 ans d’activité pour Fessenheim. La plus vieille centrale nucléaire de France a arrêté lundi 29 juin son deuxième réacteur, après le premier en février dernier, et par conséquent sa production d’électricité. Et son démantèlement va se faire en deux temps. Le premier temps va consister en l’évacuation des combustibles vers le centre de la Hague jusqu’en 2023 ; le second temps, prévu de 2025 à 2040, va procéder à l’assainissement du terrain et à la déconstruction de la structure. 

Au programme : la cuve doit être découpée sous l’eau et à distance à l’aide de robots téléopérés, seuls capables d’être au contact des rayonnements ionisants. Des kilomètres de circuits doivent aussi être détruits et les déchets envoyés sur différents sites sécurisés ou bien à Bure (Lorraine) en fonction de leur dangerosité.

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Pas de projet post-Fessenheim arrêté

De nouveaux projets industriels basés sur la transition écologique doivent voir le jour sur le territoire, avec un budget de 35 millions d’euros que se partagent l’Etat, les régions et les départements. Ceux-ci ont pour objectif de compenser les emplois perdus par la fermeture de la centrale mais aucun d’entre eux n’est arrêté pour l’instant, la crise sanitaire ayant été "un frein sur l’ensemble des dossiers". 

Au moment de l’arrêt du premier réacteur, EDF assurait que l’ensemble des salariés présents sur le site, 700 d’EDF et 280 d’entreprises prestataires, allaient être reclassés ou bien partir à la retraite. Aujourd’hui, "plus de 60 % des situations sont pleinement réglées", indique le ministère de la Transition écologique. 

Technocentre ou biocombustible

Le gouvernement mise sur la construction d’une zone industrielle franco-allemande, baptisée EcoRhena et vaste de 220 hectares le long du Rhin. L’installation des premières entreprises pourrait s’implanter fin 2021, début 2022, avec plus de 100 hectares déjà accessibles, selon le cabinet d’Elisabeth Borne. 

Un projet d’usine de biocombustible issu du bois est également dans les tiroirs et pourrait créer entre 350 et 700 emplois, mais aucune date n’est avancée. Autre projet "en cours d’instruction" mais pas concrétisé ; celui d’installer un technocentre EDF destiné au recyclage des déchets métalliques faiblement irradiés.

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