Une étude dévoile l'ampleur colossale de la pollution causée par les navires de croisière

Planète

ENVIRONNEMENT - L'association Transport & Environment publie ce mercredi un rapport dans lequel elle démontre les ravages des bateaux de croisière sur la qualité de l'air des côtes européennes. La centaine de navires du croisiériste de luxe Carnival Corporation émet dix fois plus d’oxyde de soufre que les 260 millions de voitures européennes.

Le week-end dernier, les images d'un paquebot hors de contrôle heurtant les quais de Venise ont fait le tour du monde. La Cité des Doges est d'ailleurs gravement menacée par ces géants des mers qui croisent tous les jours dans ses eaux, notamment à cause de la pollution qu'ils émettent. Invisible pour qui n'habite pas dans ces grandes métropoles du bord de mer, elle est pourtant bien plus importante, en quantité, que celle émise par les voitures. C'est ce qu'indique l'ONG Transport & Environment dans un rapport alarmant publié ce mercredi.

En effet, Transport & Environment a calculé que les émissions d’oxyde de soufre des 94 bateaux du croisiériste de luxe Carnival Corporation sont dix fois importantes que celles des 260 millions de voitures du parc automobile européen. Royal Carribean, deuxième croisiériste le plus important du monde, en a pour sa part rejeté quatre fois plus. L'oxyde de soufre contribue à l’acidification des environnements terrestres et aquatiques. 

Voir aussi

En vidéo

Marseille : la pollution des paquebots agace les riverains

Espagne, Italie, Grèce sont les pays les plus touchés par la pollution des paquebots

L’Espagne, l’Italie et la Grèce sont les trois pays européens les plus impactés. C'est donc logiquement que Barcelone, Palma de Majorque et Venise sont les villes les plus touchées. La position de ces pays au cœur de la Méditerranée fait d’eux les plus prisés pour les croisières de tourisme maritimes. Mais ce résultat est aussi dû au fait qu’ils aient des normes moins strictes sur les carburants marins au soufre, permettant aux navires de brûler leur carburant sale sur leurs côtes. "Les villes bannissent les voitures diesel mais elles donnent un laissez-passer gratuit aux compagnies qui émettent des fumées toxiques qui causent des dommages incommensurables, à la fois à ceux qui se trouvent à bord et aux rives les plus proches", s’indigne Faig Abbasov, l’un des responsables de l’association.

Les émissions d’oxyde nitreux provenant des navires de croisière ont également un impact important dans certaines villes, équivalant à environ 15% des émissions émises par tout le parc automobile européen en une année. A Marseille par exemple, 57 bateaux de croisière ont émis en 2017 autant d’oxyde nitreux qu’un quart des 340.000 véhicules de la ville. 

Selon l’ONG, l’Europe devrait mettre en œuvre dès que possible une norme portuaire à zéro émission pour les paquebots. Le rapport recommande d’étendre les zones de contrôle des émissions, en place actuellement dans la Manche, mer du Nord et dans la mer Baltique, aux autres mers européennes. Faig Abbasov estime qu’il existe aujourd’hui de nombreuses solutions pour rendre plus propres les bateaux de croisière, notamment l’énergie électrique et hydrogène. Et il pense que c’est aux gouvernements de statuer sur le sujet, les croisiéristes n'ayant absolument pas pour objectif de rendre leurs navires plus verts.

Lire et commenter