"Avant la fin du monde", Extinction Rebellion lance une semaine d'"occupation"

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ULTRAS DU CLIMAT - Après avoir frappé fort samedi dans un centre commercial parisien, l'ONG Extinction Rebellion lance à partir de ce lundi une semaine de désobéissance civile. Les actions doivent avoir lieu à Paris, mais aussi dans des dizaines de capitales, désignées comme lieux symboliques de la concentration du pouvoir politique et économique.

Ce n'était qu'un avant-goût. Alors que des militants d'Extinction Rebellion ont bloqué le centre commercial Italie-2, à Paris, samedi 5 octobre, pour dénoncer un "lieu emblématique" d’un système économique et social "injuste et destructeur", l'essentiel reste à venir. Et pour cause, le blocage de cette galerie marchande parisienne a fait office de coup d'envoi d'une semaine de mobilisation pour le climat. Une mobilisation qui se veut hors norme.

Sur Facebook, le jeune groupe a baptisé cette opération "Dernière occupation avant la fin du monde". Organisées à partir du lundi 7 octobre, les actions seront menées dans 60 villes à travers le monde et devraient rassembler des milliers de personnes. On vous explique pourquoi ce groupe orchestre la "rébellion internationale".

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Quatre revendications pour lutter contre l'inaction politique

Ce mouvement international pour "la désobéissance civile non-violente" est né au Royaume-Uni, le 31 octobre 2018. Objectif : lutter contre l’inaction politique face à l’urgence climatique. Plus précisément, Extinction Rebellion - XR pour les intimes - a quatre exigences principales. La première, faire reconnaître "la gravité et l’urgence des crises écologiques actuelles" et de demander une "communication honnête sur le sujet" aussi bien de la part de la sphère médiatique que du monde politique. S’ensuit la volonté de gagner une réduction "immédiate" des émissions de gaz à effet de serre afin d’atteindre "la neutralité carbone en 2025", tout en arrêtant "immédiatement la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres". 

Une quatrième bataille a, elle, d’ores et déjà été gagnée, en partie du moins. Alors qu'était demandée la création d’une "assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place" afin de s’assurer que la transition écologique sera "juste et équitable", 150 Français ont participé pour la première fois ce week-end à la Convention citoyenne pour le climat. Une victoire partielle, cette assemblée n'étant pour l'instant qu'éphémère.

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Quoi qu'il en soit, ces militants estiment qu'il n'y a plus de temps à perdre. Preuve en est leur logo : un "X" symbolisant un sablier qui s'inscrit dans un cercle, aussi rond que notre planète. Un dessin qui incarne l’urgence climatique, ce sable s’écoulant à vitesse grand V étant la justifications du "radicalisme" de leur militantisme. Ceux qui avaient affiché une banderole "Écologie radicale. Mort au capital", dans le centre-commercial parisien ont aussi un autre slogan. "Hope dies, action begins" (l’espoir meurt, l’action commence). Une façon claire et nette d’insinuer qu'il n’y a désormais plus de place pour l’optimisme et les belles paroles, que c'est bel et bien d'agir dont il s’agit. 

Non-violent et imprévisible

Pour arriver à ses fins, le groupe, qui s'est installé en France en mars dernier, a fait de la désobéissance civile son principe fondateur. Une stratégie défendue bec et ongles par ses militants. Silvan, l’un d’eux, estimait ainsi lors du lancement de XR à Paris que, face à un système qui "laisse mourir et ne nous protège plus", la "seule solution c’est de désobéir". Les autres modes d’actions "ne marchent plus", défendait de son côté Marie qui, si elle ne rejette pas les "recours traditionnels" tels que les pétitions et les marches, observait que ceux-ci ne "font plus peur" aux gouvernements à travers le monde. "Il y a une lassitude aussi bien du pouvoir que des militants."

Radical mais pas violent, le "principe de base" de XR, d’ailleurs affiché sur le site du groupe, demeurant le caractère non-violent des mobilisations. Un mode d’action "inclusif", qui n'effraie pas les plus jeunes, très mobilisés sur la question. Marie nous expliquait d’ailleurs en mars dernier comment, dans les formations en désobéissance civile, la question de savoir ce qui est considéré comme violent est toujours posée. 

Non-violent... et imprévisible. Ainsi, pas moyen de savoir quels lieux de la capitale seront bloqués ces prochains jours. Ces actions "nécessaires" restent secrètes jusqu'au moment de la frappe. En avril dernier, 6000 "rebelles sans frontières" étaient apparus sur les ponts de Londres, empêchant la circulation jusqu'à 16h en restant enchaînés les uns aux autres. Une action qui avait lancé le mouvement. Le slogan était alors : "Ne doutez pas qu’un petit groupe de gens puisse changer le monde."

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