Vacances à Hawaï, communication maladroite… La gestion des incendies par le Premier ministre australien très critiquée

Vacances à Hawaï, communication maladroite… La gestion des incendies par le Premier ministre australien très critiquée

CRISE - Alors que l’Australie est en proie depuis quatre mois aux pires incendies de son histoire, le gouvernement de Scott Morrison est poussé dans ses retranchements. Entre une gestion de la crise jugée catastrophique et une politique pro-charbon, le premier ministre Scott Morrison est désormais honni par une partie de la population.

"Tu n’auras plus nos votes, mon pote !", lance un habitant de Cobargo jeudi 2 janvier, prenant à partie Scott Morrison. Une manière, plutôt directe, de signifier au Premier ministre australien qu’il n’est pas le bienvenu dans ce village de Nouvelle-Galles du Sud, région ravagée par les incendies. Venu visiter certains des habitants sinistrés, Scott Morrison a fait très mauvaise impression, à tel point que ce dernier est parti plus tôt que prévu. 

Et le consultant en "empathie", embauché fin octobre par le gouvernement pour la somme de 190.000 dollars, n’y fait rien. La population s’oppose frontalement à la manière dont le gouvernement gère les incendies dans le pays, les pires de son histoire, et à la personne de Scott Morrison, qu’elle juge totalement déconnectée de l’urgence de la situation. Le bush australien brûle depuis le mois de septembre et ce dernier semble se contenter du minimum syndical. 

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L'Australie dévorée par les flammes

20 morts et 5 millions d'hectares brûlés

Pourtant, le bilan est déjà très lourd. Depuis le mois de septembre, au moins 20 personnes ont été tuées, 480 millions d’animaux décimés dans le seul Etat de Nouvelle-Galles du Sud, 1.400 maisons détruites, et une superficie équivalente au Danemark, près de 5 millions d’hectares, est déjà partie en fumée. De nouvelles évacuations sont en cours vendredi 3 janvier, alors que le week-end s’annonce catastrophique, avec des températures au-delà de 40°C. 

En réalité, Scott Morrison s’est très peu exprimé depuis le début des feux, à l’exception de messages de soutien au monde paysan, se trouvant privé d’importantes recettes. Le 12 décembre, Scott Morrison est sorti de son silence pour reconnaître du bout des lèvres que le changement climatique était l’un des "facteurs" à l’origine des feux de forêts. Car si les incendies sont courants à l’été austral, du mois de juin au mois de septembre, la sécheresse exceptionnelle de cette année a aggravé la situation, la rendant hors de contrôle pour les milliers de pompiers au travail chaque jour. 

Des vacances à Hawaï alors que l'Australie brûle

Autre scène qui reflète cette gestion hasardeuse de la crise et qui s'est déroulée jeudi 19 décembre à Sydney, devant la "Kirribilli House", la résidence secondaire du Premier ministre. Brandissant des pancartes et affublés de masques de protection, des centaines d’habitants ont manifesté contre la passivité de Scott Morrisson. Les manifestants, qui espéraient attirer l’attention de celui-ci, sont repartis bredouille, pour certains même délogés par la police. C’est que Scott Morrison ne se trouvait pas à l’intérieur de sa résidence mais à 8.000 kilomètres de là, à Hawaï. Alors que le ciel de Sydney était couvert d’un large panache de fumées toxiques, le chef du gouvernement prenait des vacances et brillait par son absence. 

Le lendemain, sous pression, ce dernier a été contraint d’écourter ses vacances et de rentrer en Australie. "Je regrette profondément l’émoi que j’ai pu susciter auprès des nombreux Australiens affectés par les feux de forêts en prenant à ce moment des vacances avec ma famille", a-t-il avancé dans un communiqué en guise de mea culpa. 

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Total soutien à l'industrie minière

En toile de fond de la catastrophe, il y a cette politique pro-charbon, menée par le gouvernement au pouvoir depuis 2015. Scott Morrison a eu l’occasion de rappeler son opposition aux demandes "irresponsables" et "destructrices d’emplois" émanant de la population et visant à limiter les exploitations minières dans le pays. Dans les faits, ce soutien se matérialise par plus de 70% des exportations nationales consacrées aux énergies fossiles. 

Ce manque de considération du gouvernement dans la lutte contre le changement climatique s’est traduit dernièrement sur la scène internationale, à l’occasion de la COP25, lorsque l’Australie, à l'instar du Brésil, a posé son veto à la conclusion d’un accord sur le marché carbone, visant à plafonnant les émissions de gaz à effet de serre mondiales. Dans l'agenda politique de Scott Morrison, était inscrit une visite officielle en Inde le 13 janvier prochain. En l’absence d’une amélioration prochaine de la situation dans son pays, le Premier ministre a jugé bon de reporter son déplacement. 

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