Chaleur et sécheresse : la forêt française se meurt

Chaleur et sécheresse : la forêt française se meurt
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A L'AGONIE - Les effets conjugués des canicules et des sécheresses à répétition ont porté un coup dur aux forêts ces dernières années. Le manque d'eau a fait disparaître des centaines d'arbres centenaires, notamment dans le Grand Est.

Alors que les températures battent des records de chaleur pour une mi-septembre, dans les villes et dans les campagnes, c'est partout la même vision inquiétante : sous l'effet du soleil, beaucoup d'arbres ont déjà pris leurs couleurs d'automne, avec un peu d'avance. 

Autre symptôme significatif : dans les forêts, des trouées apparaissent à la cime des arbres. C'est par exemple le cas dans la forêt de Compiègne (Oise). Guillaume Declochez, un agent de l'Office national des forêts, le constate tous les jours : "Beaucoup de lumière arrive au sol car les houppiers sont en train de dépérir, faute d'eau. La sécheresse fait tomber l'intégralité des feuilles des branches", déplore-t-il auprès de TF1.  Résultat, ces années de sécheresse successives et intenses métamorphosent le paysage.

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Nous faisons face à la réalité du changement climatique. Les conséquences sont directes et très brutales.- Jérome Jaminon, ONF

Ainsi, dans des parcelles, encore boisées il y a deux ans, des centaines d'arbres centenaires sont morts et ont dû être abattus. Et il est impossible d'en faire pousser à nouveau. "Nous allons avoir des sujets qui vont se retrouver complètement morts et desséchés, donc avec très peu d'avenir", confirme Jérome Jaminon, le responsable de l'Office national des forêts de Compiègne. On peut donc parler clairement d'hécatombe. 2/3 de cette forêt de l'Oise sont d'ailleurs en crise sanitaire. "En quelques années, nous faisons face à la réalité du changement climatique. Les conséquences sont directes et très brutales", poursuit Jérome Jaminon. 

Autre région très durement touchée : le Grand Est, où les épicéas dépérissent à vitesse grand V. Pour comprendre ce qui leur est arrivé, les scientifiques de l'Institut national de Recherche Agronomique et Environnementale (INRAE) effectuent un prélèvement au coeur du tronc. Et les conclusions de la directrice, Nathalie Breda, sont imparables : "Les anneaux larges montrent une très bonne année de croissance. Mais plus nous allons vers les années récentes, plus nous constatons que les anneaux sont de plus en plus serrés. C'est une séquence de sécheresse", indique-t-elle. Et cette répétition d'épisodes caniculaires montre que l'arbre n'a pas le temps de récupérer. C'est ce qui l'a achevé.

Des espèces plus exotiques

En temps normal, quand les nappes phréatiques se vident, chaque espèce a ses parades pour survivre : jaunissement prématuré des feuilles ou encore arrêt de la transpiration. Mais ces parades ne fonctionnent plus quand les arbres sont régulièrement malmenés.

Alors pour sauver les forêts, les scientifiques travaillent sur plusieurs pistes. Comme l'introduction d'essences plus exotiques, tels que les  sapins de Turquie, mieux adaptés à la chaleur. "L'idée, c'est de tester des espèces plus méditerranéennes, qui seront peut être amenées un jour à remplacer le sapin des Vosges. La forêt de demain aura, à mon avis, deux aspect modifiés : des forêts plus claires et des forêts avec des mélanges d'espèces qu'on ne connait pas encore et qui vont diversifier les écosystèmes d'aujourd'hui", explique  Nathalie Breda.

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Un plan de relance prévoit par ailleurs une enveloppe de 200 millions d'euros pour les forêts, de quoi permettre de reboiser  et restaurer celles qui ont dépéri. Car face au dérèglement climatique, l'enjeu est de taille : les arbres sont des alliés indispensables pour absorber le dioxyde de carbone et réguler la température.

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