Dunkerque, Le Havre, Noirmoutier... Ces villes qui pourraient être rayées de la carte en 2050

Plusieurs communes de l'Hexagone pourraient être inondées dans les années à venir, si nous ne maintenions pas dès maintenant le réchauffement climatique à deux degrés. Explications de notre journaliste Garance Pardigon.
Planète

PRÉVISIONS - Au rythme où fond la glace actuellement, la montée des eaux n'est plus un concept abstrait. Selon une étude parue fin octobre, elle toucherait 300 millions de personnes dans le monde, dont des centaines de milliers en France d'ici 2050. Revue des zones du littoral les plus menacées.

Fin octobre, une étude parue dans la revue Nature Communications affirmait que 300 millions de personnes seraient menacées par la montée des océans liée au changement climatique d’ici 2050. Soit trois fois plus que ce qu'avait pu prédire les estimations précédentes. Parmi les régions les plus exposées figure l’Asie, mais aussi l'Europe, avec près de la moitié des Pays-Bas menacée de submersion, mais aussi la Belgique où Bruges et Ostende se situent en zone rouge.

La France métropolitaine et ses quelques 3.400 km de côtes ne sont pas non plus épargnées. D'après la carte mise au point par l'institut de recherches Climate Central grâce à l'intelligence artificielle, plusieurs villes seraient rayées de la carte.

Hauts-de-France : l'une des régions françaises les plus menacées

Selon les estimations des scientifiques, basées sur l'intelligence artificielle, le nord de la France serait le plus durement touché, avec la submersion des villes de Dunkerque, Grande-Synthe, Calais et Saint-Omer. Dans cette zone, près de 400.000 personnes vivent sous le niveau de la mer. Boulogne-sur-mer, Berck, Le Touquet, ou encore Le Crotoy, en Baie de Somme, seraient aussi concernés.

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La Normandie : la possible disparition de nombreuses villes emblématiques

Un peu plus au sud, en Normandie, l'océan s’engouffrant aussi dans la ville de Dieppe et de Fécamp. Le Havre serait durement touché, l'eau submergeant toute la partie sud de la ville et faisant sortir la Seine de son lit jusque Château-Gaillard, dans l'Ain, en passant par Rouen. Plus bas sur le littoral, Deauville, Trouville, Cabourg, Ouistreham et même une partie de Caen, relié à l'océan par son canal, seraient aussi frappés par la montée des eaux, tout comme le Mont-Saint-Michel et le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.

Bretagne : l'Île-Tudy rayée de la carte

En Bretagne, la situation est à peine meilleure. L'île de Bréhat, Paimpol et Saint-Malo pourraient disparaître aux trois-quarts, tout comme Landrellec et Trégastel. Le sud de Brest, mais aussi Landerneau seraient aussi touchés. La commune de l'Île-Tudy, elle, serait complètement rayée de la carte.

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Pays-de-la-Loire : vers la quasi-disparition de l'île de Noirmoutier

Dans les Pays-de-la-Loire, les eaux de l'océan viendraient gonfler la Loire, inondant non seulement le parc régional de Brière, mais aussi les communes de Saint-Nazaire jusque Nantes. L'île de Noirmoutier disparaîtrait dans sa quasi-totalité, tout comme les municipalités qui lui font face. Une grande partie du parc naturel régional du Marais Poitevin se retrouverait aussi submergé.

Nouvelle-Aquitaine : les berges de Bordeaux et de Bayonne submergées, l'île-de-Ré et d'Oléron presque rayées de la carte

En Nouvelle-Aquitaine, enfin, les prédictions ont aussi de quoi faire frémir. La Rochelle, l'île-de-Ré et l'île d'Oléron verraient une partie de leurs terres passer sous le niveau de la mer, tandis que l'eau s'engouffrerait largement de Rochefort jusqu'à Cognac. L'océan ferait d'autre part gonfler la Dordogne, inondant au passage toutes les villes implantées sur ses berges jusqu'à Sainte-Terre, en passant par Libourne. Les bords de la Garonne, à Bordeaux, finiraient également sous l'eau. Le fleuve de l'Adour, dans le bassin aquitain subirait le même sort, l'eau s'engouffrant depuis l'embouchure jusqu'à Saint-Jean, en passant par Bayonne. La ville de Saint-Jean-de-Luz serait aussi touchée.

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Depuis 2006, les océans montent d’environ 4 millimètres par an, en raison notamment du réchauffement climatique qui engendre une fonte importante des glaces. Selon un rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), ce rythme pourrait même être multiplié par 100 si les émissions de gaz à effet de serre restent inchangées dans les prochaines semaines.

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