Gaspillage : comment les encombrants retrouvent-ils une deuxième vie ?

Gaspillage : comment les encombrants retrouvent-ils une deuxième vie ?
Planète

SYSTEME D - Vieux meubles, matelas, abat-jour... Chaque année, les Français jettent 3,6 millions de tonnes d'encombrants. Pour éviter le gaspillage, certains ont décidé de leur donner une nouvelle vie et réussissent même parfois à en vivre.

Alors que la crise frappe de plein fouet les ménages, on pourrait penser que les Français se soucieraient de faire des économies, en ne jetant plus certains objets de leur quotidien quasiment en bon état. Pourtant, les trottoirs des grandes villes en sont jonchés. Et certains riverains ne le supportent plus. C'est le cas de Maggy, une habitante de Montrouge, dans les Hauts-de-Seine : "C'est comme ça tous les jours. Le tas monte à l'arrivée du dimanche, et le lundi c'est la course d'obstacles", regrette-t-elle.

Il faut dire que les Français se débarrassent chaque année de 3,6 millions de tonnes d'encombrants, soit 55 kg par habitant. Des services spécialisés existent désormais pour les collecter, mais bien souvent ils sont débordés. Comme vous pouvez le voir dans le reportage de TF1 ci-dessus, ils ne sont que trois salariés pour collecter 12 tonnes de déchets, et n'arrivent pas à venir à bout de tout le fatras déposé dans les rues.

Que se passe-t-il après ? L'année dernière, en région parisienne, 60% des déchets ont été recyclés, 30% ont été enfouis, et 10% ont été incinérés. Mais une partie de ces encombrants n'atteint jamais le centre de tri. Et pour cause, certains sont bien décidés à leur donner une seconde vie.

Lire aussi

Un marché à part entière

Laura Martinez Coria est l'une de ces chineuses compulsives qui fait régulièrement de sacrées trouvailles. Seul impératif pour trouver la perle rare : il faut garder l’œil bien ouvert. Cela fait vingt ans qu'elle habille son intérieur grâce aux encombrants. "Si vous allez dans un magasin, vous allez trouver des choses bien définies, moi j'aime bien mélanger les petits trucs trouvés, différents, parfois anciens, qui vont vivre la maison d'une façon différente", explique-t-elle. Le tout gratuitement. C'est d'ailleurs là tout l'attrait des encombrants. 

Au point d'être un marché à part entière pour certains. Ainsi, sous le périphérique parisien, du lundi au samedi, c'est l'effervescence. Porte de Montmartre, une centaine de personnes vivent de la vente d'objets en tout genre amassés dans la rue, jetés avec les encombrants. Mario, originaire de Roumanie, collecte depuis dix ans en France. Il préfère rester anonyme, mais son activité est en règle. Le marché est en effet géré par une association dont il est adhérent. Il en tire tous ses revenus. "80 euros en deux jours", raconte-t-il. Assez pour vivre avec sa femme et son enfant. "Si tu fais attention, si tu gaspilles pas l'argent pour rien, tu peux vivre normalement", ajoute-t-il.

Toute l'info sur

Le 20h

Résultat, ce qui aurait fini à la poubelle devient des articles à bas prix, qui auraient été inaccessibles pour certains au prix du neuf. "Je viens ici parce que c'est beaucoup moins cher. C'est par nécessité. Si on avait les moyens on ne serait pas là", dit l'un d'eux. En Île-de-France, près de 2.000 personnes vivraient du commerce de ces objets récupérés sur le trottoir. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent