Ils décrochent le portrait de Macron de plusieurs mairies pour dénoncer son "inaction climatique"

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ENVIRONNEMENT - Ce jeudi, simultanément à Paris, Lyon, Biarritz et Ustaritz, des militants réclamant des mesures pour la lutte contre le réchauffement et la justice sociale ont décroché puis emporté le portrait du président de la République.

"Macron nous balade, baladons-le." Ces militants écologistes ont pris leur slogan au mot, en décidant de décrocher, ce jeudi, le portrait officiel du président de la République de quatre mairies, puis de l'emporter dans un endroit inconnu. Cette action a été menée simultanément dans la mairie du 5e arrondissement de Paris, du 2e arrondissement de Lyon, de Biarritz et d'Ustaritz (Pyrénées-Atlantiques), par des activistes membres de l'organisation Action non violente-COP21 (ANV-COP21).


"Ils entendent ainsi dénoncer l’inaction d'un président Macron se contentant de beaux slogans et de grands débats face à l'urgence climatique et sociale", explique l'association dans un communiqué.

En touchant un symbole de l'État, les militants souhaitent également s'inscrire dans la campagne "L'Affaire du siècle", soutenue par plus de 2 millions de personnes, et qui a annoncé le dépôt en mars d'un recours contre l'État français pour "inaction climatique". "La réponse du gouvernement français, rendue publique ce 15 février, à l'interpellation pour 'inaction face aux changements climatiques' (...) est jugée inacceptable par les militants d'ANV-COP21", poursuit le communiqué.

Jeudi matin, un militant résumait ainsi dans Le Monde le sens de cette action : "Macron nous balade, baladons-le". Et l'article de préciser que les portraits d'Emmanuel Macron "réquisitionnés" pourraient prochainement apparaître dans des "endroits improbables", à l'image du nain de jardin du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, le film réalisé en 2001.


ANV-COP21 détaille dans son communiqué les mesures souhaitées pour répondre au défi climatique et social : "Réduire radicalement et tout de suite les émissions de gaz à effet de serre au lieu de les augmenter comme ce qui se passe actuellement en France, laisser les énergies fossiles dans le sol au lieu d’autoriser Total à explorer pour en trouver de nouvelles, mettre en place des politiques d’économies d’énergie et de transfert sur des mobilités douces ou ferroviaires au lieu de continuer à faire des autoroutes et à booster le transport aérien, partager les richesses et lutter contre l’obsolescence programmée au lieu de produire toujours plus, préserver les terres de leur bétonisation au lieu d'autoriser Europacity, relocaliser et réguler au lieu de ratifier le CETA…"

Ils avaient "réquisitionné" des chaises d'agences bancaires en pleine COP21

Ce n'est pas la première fois que les militants d'ANV-COP21 procèdent à ce style d'opération. En décembre 2015, en pleine COP21, ils avaient, en compagnie d'autres ONG, réquisitionné les chaises de nombreuses agences bancaires avant de les rendre deux mois plus tard, en février 2016, sur le pont au Change, à côté du Palais de justice de Paris, où avait lieu le procès de Jérôme Cahuzac, l'ex-ministre du Budget jugé pour fraude fiscale et blanchiment.

"Tant que le président Macron ne sera pas au rendez-vous de l’Histoire, nous laisserons dans chaque mairie ce vide illustrant si bien sa politique réelle face au péril climatique et à l’urgence sociale", conclut le communiqué des activistes, dont l'action a fait réagir jusqu'au ministre de la Cohésion des territoires, Sébastien Lecornu. "Avec la plus grande fermeté, je condamne ces agissements", répond-il dans un communiqué. "Le décrochage volontaire et médiatisé des portraits du président de la République est une atteinte symbolique à nos institutions démocratiques et doit cesser immédiatement."

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