"Acqua alta" à Venise : "Le réchauffement climatique risque d'accentuer ce phénomène"

"Acqua alta" à Venise : "Le réchauffement climatique risque d'accentuer ce phénomène"

CHANGEMENT CLIMATIQUE ? - Comme cela lui arrive souvent, Venise s’est retrouvée sous les eaux, mardi 12 novembre. Mais cette fois, la cité italienne doit affronter une marée exceptionnelle d’une ampleur inédite depuis 53 ans. Le phénomène a provoqué la mort d’un septuagénaire, électrocuté dans son logement.

Venise vit des heures difficiles. Alors que le réchauffement climatique et la montée des eaux font craindre le pire depuis de nombreuses années à la cité des Doges, la ville du nord-est de l’Italie est en train de subir un phénomène exceptionnel. Une marée haute d'une ampleur sans précédent en plus d'un demi-siècle s'est en effet abattue mardi sur Venise et sa lagune. Elle a, selon la presse transalpine, causé la mort d’un homme : un Vénitien de 78 ans électrocuté dans son logement inondé.

D’une hauteur jamais vue depuis 1966 - 1,87 mètre contre 1,94 mètre il y a 53 ans - cette "acqua alta" représente la deuxième plus haute marée enregistrée sur la place Saint-Marc depuis le début des relevés il y a près d’un siècle, en 1923 ! "Nous sommes en train d'affronter une marée plus qu'exceptionnelle. Tout le monde est mobilisé pour gérer l'urgence", a tweeté le maire de Venise, Luigi Brugnaro. 

Cette hauteur d’1,87m ne signifie pas pour autant que Venise se retrouve sous près de deux mètres d’eau. Il faut en effet retrancher de cette hauteur la "taille" moyenne de la ville, soit entre un mètre et 1,30m. Quoi qu’il en soit, ces dizaines de centimètres d’eau pourraient menacer certaines œuvres d’art et certains bâtiments qui ne sont habituellement pas à la merci des flots.

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Une conséquence du changement climatique ?

Très inquiet par la hauteur atteinte par le niveau des eaux, le maire de la cité vénitienne a multiplié les déplacements - à pied ou en barque - dans les ruelles inondées de sa ville, pourtant habituée à avoir les pieds dans l’eau. "Nous avons besoin que tout le monde nous aide à faire face à ce qui est clairement les effets du changement climatique", a-t-il également déclaré sans ambages.

Interrogé sur cette affirmation, le spécialiste météo de LCI Guillaume Woznica est plus nuancé. "La marée n’est pas, à la base, une conséquence du changement climatique. C’est un phénomène qui s’est toujours produit à Venise, il est lié à sa position en bord d’Adriatique et se produit lors des marées d’automne et de printemps", explique-t-il. Il attribue l'ampleur exceptionnelle de cet épisode au sirocco, ce puissant vent de sud-est, qui a accentué la progression de la mer dans l’intérieur des terres.

"En revanche, précise-t-il, le changement climatique a tout de même un rôle dans ce phénomène et risque de l’accentuer au cours des prochaines décennies en provoquant une hausse du niveau des mers et des océans de l’ordre de 2 à 3 mm par an." L’affaissement de la lagune sur laquelle a été construite Venise devrait aussi aggraver l'ampleur des prochaines marées. D'après les prévisions, la ville doit s'enfoncer d'environ 8 cm au cours des 10 prochaines années, indique le météorologue.

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