#MissionTerresAustrales (3/6) : les Kerguelen, impressions du bout du monde

#MissionTerresAustrales (3/6) : les Kerguelen, impressions du bout du monde
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SÉRIE - Une équipe de TF1 est montée il y a quelques semaines à bord d’un navire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) pour découvrir ces bouts de France qui accueillent une faune exceptionnelle en plein milieu de l'Océan indien. Pour ce troisième épisode, nous arrivons aux îles Kerguelen.

Archipel de Crozet et des Kerguelen, île de Saint-Paul, île d’Amsterdam :  les Terres et Mers Australes, perdues dans le sud de l’Océan Indien, entre l'Afrique et l'Antarctique, sont classées depuis peu au patrimoine mondial de l'Unesco. Fin 2019, une équipe de TF1 a pu se rendre sur ces territoires inhabités où la France entretient sa présence avec des équipes de chercheurs, de techniciens et de volontaires en service civique qui se relaient sur place.

Troisième épisode : l’arrivée aux îles Kerguelen. Michel Izard vous raconte les coulisses de la base de Port-aux-Français, ce bout de France où seulement une centaine de personnes travaillent, au milieu des éléphants de mer et des manchots. 

En arrivant à Port-aux-Français, la station des Kerguelen, après 15 jours de voyage et d'isolement sur le Marion Dufresne et surtout après les 6 jours passés en pleine nature sur l'île aux Cochons dans l'archipel de Crozet, je dois avouer que j’étais un peu déçu. 

C'est une petite ville avec des voitures -pas beaucoup, une dizaine à peine-, des rues -5 ou 6-  des bâtiments, une trentaine qui s’étagent en pente douce. Pas grand-chose, donc. Mais dans un premier temps, cela suffit à rompre l'imaginaire que l’on s'était construit tout au long du trajet dans les vagues vibrantes, le vent des albatros et le chant des manchots. On voudrait être seul, perdu au bout du monde "fuir là-bas, fuir… " comme le dit Mallarmé et l’on retrouve, concentrée en un point, la part de civilisation que l’on s’était plu à oublier. 

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Un air de Ragueneau, le pâtissier de Cyrano

Puis, au bout de quelques heures, Port-aux-français s’apprivoise. Très vite, elle devient familière. D’abord avec les repas qui rythment la journée. Le petit-déjeuner à partir de 6 heures. Le déjeuner 12h. Le dîner 19h. Horaires à respecter absolument, surtout pendant l’escale du Marion Dufresne durant laquelle 120 personnes sont à table. On mange bien en général dans les stations françaises et ici en particulier, c’est une tradition. Les journées de travail sont souvent longues, dans des conditions météos rudes, donc il faut de l’énergie. 

En cuisine, l’équipe vient de Ka Réunion, Vincent, le chef, Anne-Gaëlle à ses côtés et Yannis en salle. "On est là pour leur faire plaisir ", résume le chef. Plusieurs entrées, plusieurs plats de résistance, fromages, fruits, et si cela ne suffisait pas, s’ajoute le dessert. Jérôme, le pâtissier des Kerguelen, que l’on appelle le "pâteux" dans le jargon local, est un fou furieux, un prosélyte de la friandise, qui n’aime rien tant que voir les papilles de ses ouailles se dilater et leur sourire s’agrandir au contact des choux à la crème, des fondants au chocolat, des tartes de toutes sortes. On se croirait chez Ragueneau, le pâtissier de Cyrano, et l’on se prend à citer la recette des tartelettes amandines : "Battez, pour qu’ils soient mousseux, quelques œufs…". 

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LCI PLAY - Derrière la cam' avec Michel Izard pour la mission Terres Australes

Chaleur humaine au pays du vent

Au-dessus de la salle à manger, il y a le bar "Patoche", rendez-vous du soir. Billard, fléchettes, dancing à l’occasion. Les boissons sont payantes, à des prix très raisonnables. Il y a aussi dans certains bâtiments des bars parallèles, comme "La Casita", tenu par les agents de la météo et du Centre national d'études spatiales. On y trouve de bonnes Dodos, la bière de La Réunion, et de la truite des Kerguelen pêchée et fumée sur place. Un régal.

Les contacts humains c’est ce qui nous fait apprécier Port-aux-français. Avec Bertrand Lachat, nous sommes logés dans la résidence du chef de district Stéphane Defranoux, sur les hauteurs de la station. Tous les deux, dans la chambre des invités à côté des appartements de l’administratrice des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises), la préfète Evelyne Decorps. Très confortable. On est loin du camping et des logements spartiates des débuts -les premiers bâtiments ont été construits en 1950.

La gifle du vent

Mais à chaque fois que l’on sort, la gifle du vent nous secoue, nous réveille, nous éveille. Je la sens et je sens que Paris est si loin. La nature me saute au visage avec ces longs paysages de pierre au bout desquels le regard accroche les montagnes enneigées et ces éléphants de mer qui vivent au milieu de la station, en toute quiétude sans se soucier des hommes. J’en vois deux, des jeunes mâles, qui s’amusent à se battre et se frotter l’un contre l’autre devant l’un des bâtiments les plus étonnants de cette petite cité : une très émouvante petite église dans laquelle furent célébrés un mariage et quelques enterrements de personnels qui sont morts accidentellement pendant leur hivernage. 

Sobre architecture de béton typique de la fin des années 50. Vitraux aux teintes violettes et ultra-marines. Et devant, une statue de la vierge Marie au pied de laquelle on peut lire cette inscription en breton : INTROUN VARIA AN AVEL, qui signifie "Notre-Dame-du-Vent". En contrebas, le Marion Dufresne débarque son ravitaillement. La vie à Port-aux-français.

LE PARCOURS

Découvrez le parcours effectué par l'équipe de TF1 sur cette carte conçue par Esri France.

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Pour plus d'informations sur le parcours, cliquez ici.

Prochain épisode mercredi : la suite de l'escale au Kerguelen.

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