VIDEO - Près de 1.000 hectares ravagés par un incendie en Corse : "la situation est stabilisée"

VIDEO - Près de 1.000 hectares ravagés par un incendie en Corse : "la situation est stabilisée"
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INCENDIES- L'île de beauté est en proie à un violent feu de forêt qui a déjà ravagé près de 1.000 hectares depuis mardi. Sur le terrain, 240 hommes attendent du renfort du continent. Eclairage sur la situation avec le colonel Christophe Frerson, directeur-adjoint du service d'incendie et de secours de Corse-du-Sud.

Juste après le passage de la tempête Hervé engendrant des rafales jusqu'à 195 km/h, un incendie s'est déclaré mardi 4 février en Corse, du Nord au Sud, entre les villes de Quenza et de Solaro. Contenu - mais pas encore maîtrisé selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner - ce mercredi matin, le feu a ravagé plus de 1.000 hectares de végétation. Sur place, les 240 hommes à pied d'oeuvre attendent désormais du renfort venant du continent, et notamment l'arrivée de quatre canadairs, ces avions bombardiers d'eau. La lutte contre les flammes doit se poursuivre deux ou trois jours, selon e colonel Christophe Frerson, directeur-adjoint du service d'incendie et de secours de Corse-du-Sud, a répondu à nos questions. 

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LCI : Ce mercredi matin, comment se présente la situation sur place ? 

Colonel Christophe Frerson : La situation sur les 1.100 hectares est stabilisée. Elle évolue favorablement, avec des températures plus faibles qu’hier, plus d’humidité et surtout beaucoup moins de vent. Hier, nous avons eu des vents établis entre 120 et 130 km/h, et des rafales à 150 km/h à certains endroits. Avec des vents à 150 km/h, on ne met personne devant un front de feu. À partir de 80 km/h, les canadairs ne peuvent même pas décoller. Et c’est très difficile, voire quasi impossible, d’éteindre ce type de feu sans moyens aériens. Car la difficulté aussi c’est que le feu est inaccessible, en tout cas seulement par une route. 

Néanmoins aujourd’hui, il y a beaucoup moins de vent donc les hélicoptères peuvent voler et déposer des hommes à des endroits où il y a des lisières actives. Quatre canadairs nous arrivent aussi du continent et vont travailler toute la journée. 

LCI : Comment expliquer des départs de feux en cette saison ?

Colonel Christophe Frerson : Les feux d’hiver ont toujours existé. La végétation se met "en stress" (stress hydrique lorsque la végétation manque d’eau, ndlr) dont elle est beaucoup plus sèche. Or, il ne pleut pas, le vent est fort et l’hydrométrie est faible : ce sont des conditions favorables pour mettre le feu, même en hiver.  

Chaque hiver, nous avons ce type de feu sauf que nous nous retrouvons face à des vents de plus en plus violents et des sécheresses de plus en plus intenses. Nous avons des conditions météorologiques favorables à l’éclosion des feux d’hiver et donc aussi des feux d’été. Est-ce que c’est dû au dérèglement ou au changement climatique ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que d’habitude, à cette période-là, il y a de la neige. Et là, il n’y en a pas. 

LCI : Face à ces épisodes de plus en plus intenses, comptez-vous déployer des moyens supplémentaires ?

Colonel Christophe Frerson : Avoir plus de moyens ne permet pas de résoudre la problématique du feu de forêt. Par analogie, comparez à la situation en Australie : vous ne pouvez pas mettre de camion derrière chaque maison. Et les superficies sont tellement grandes… Comment allons-nous justifier la mise en place d’énormément de moyens dans des endroits où il n’y a ni habitations ni bâtiments ? Ce n’est pas comme ça qu’il faut raisonner, c’est par une couverture du risque. Aujourd’hui, il faut savoir vivre avec le risque et pour vivre avec le risque, il faut s’en protéger.

En Corse, l’insularité a renforcé la coordination entre services. Comment gérons-nous ces gros feux ? En unissant nos forces sur le terrain. Ici, nous avons des forces civiles, militaires, terrestres et aériennes. C’est l’interservices qui va nous permettre de gérer ce type de gros évènements, avec un directeur et un commandant des opérations de secours uniques et la coordination des services. 

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