VIDÉO - Seine-Saint-Denis : à La Courneuve, ils recyclent les conteneurs maritimes en potagers connectés

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Salon de l’agriculture : bienvenue à la ferme !

FERME URBAINE - Inaugurée cette semaine à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), la start-up Agricool fait pousser dans ses des conteneurs des fruits et légumes frais. Une ferme urbaine novatrice qui emploie au total 85 ingénieurs, et a levé 30 millions d'euros depuis son lancement en 2015.

Des conteneurs maritimes transformés en potager ? Des produits qui poussent sans pesticides et dont la livraison se fait presque sans transport ? C'est ce que propose la start-up Agricool, qui a inauguré la semaine dernière sa première ferme urbaine grandeur nature à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Composée de dix conteneurs connectés, elle se spécialise dans la culture verticale de fraises, d'herbes aromatiques et de salades. La ferme est installée à La Courneuve, en lieu et place d'une ancienne cité, mise à disposition par la mairie pour un loyer symbolique, en face d'une voie ferrée.

Après "quatre ans de recherche et développement, nous avons désormais fait la preuve que notre modèle est fiable, nous avons fait baisser nos coûts de production de 30% et nous gagnons de l'argent", se réjouit Guillaume Fourdinier, cofondateur de l'entreprise. Ce système de production repose sur des mini-climats optimisés, recréés et contrôlés à l'intérieur de chaque conteneur de transport maritime qui trouve ainsi une deuxième vie. Humidité, température, gaz carbonique, dosage et temps de lumière sont contrôlés par des ordinateurs centralisés dans un des conteneurs. Les plantes poussent verticalement en face de panneaux de lampes LED grâce à des nutriments dans les racines, sans pesticides de synthèse, sans terre ni soleil, mais tout près des lieux de consommation, ce qui permet d'éviter le transport.

Vendus dans un rayon de 15 kilomètres maximum

"On peut adapter ce modèle à différents endroits, parkings, 'dents creuses urbaines' comme à la Courneuve, afin de produire de l'alimentation fraîche et saine près des lieux de consommation", souligne le fondateur d'Agricool. La start-up emploie cinq personnes sur place, dont deux "cooltivateurs", recrutés via la maison de l'emploi locale, chargés de suivre les cycles des plantes à l'intérieur des conteneurs.

Les fraises, le persil, la coriandre et les pousses de salades sont vendus dans un rayon de 15 kilomètres maximum, sous la marque Agricool, qui livre quatre magasins Monoprix à Beaugrenelle, aux Halles, sur les Champs-Elysées et à Asnières ainsi qu'à la Grande Epicerie de Paris. La barquette de 125 grammes de fraise est vendue 2,99 euros. "Nous organiserons aussi des ventes locales sur le lieu même de la ferme", a précisé Guillaume  Fourdinier.

Agricool, qui emploie au total 85 ingénieurs, a levé 30 millions d'euros depuis son lancement en 2015. Lors du dernier appel de fonds fin 2018, Agricool, fondé par deux fils d'agriculteurs sortis d'écoles de commerce, a reçu le soutien financier de Bpifrance, et du groupe Danone, via son fonds Danone Manifesto Ventures."Nous voulons montrer qu'on peut nourrir une partie de la ville de façon locale", explique Guillaume Fourdinier. Pour réduire l'empreinte carbone des villes, l'ONU estime que 20% de la production alimentaire devra être faite localement, rappelle-t-il.

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