VIDÉO - "Une lettre pour l'avenir" : l'Islande dit adieu à Okjökull, 1er glacier disparu sous l'effet du réchauffement

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CÉRÉMONIE - L'Islande a dévoilé dimanche une plaque à la mémoire de Okjökull, le premier glacier disparu sous l'effet du réchauffement climatique. Scientifiques, enfants et personnalités politiques ont assisté à ce moment symbolique.

Okjökull mesurait 16 km2 et était recouvert de glace de plus de 50 mètres de profondeur. Il a aujourd'hui disparu. Situé dans l'ouest de l'Islande sur la kaldidalur (la "vallée froide"), il s'agit du premier glacier englouti par le réchauffement climatique. Une plaque commémorative a été dévoilée lors d'une cérémonie symbolique dimanche qui s'est tenue sur un territoire quasiment dépourvu de neige.

Le texte inscrit sur la plaque de bronze en islandais et en anglais a pour titre : "Une lettre pour l'avenir". Son objectif ?Sensibiliser la population au déclin des glaciers et aux effets du changement climatique. "Tous nos glaciers devraient connaître le même sort au cours des 200 prochaines années. Ce monument atteste que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait. Vous seuls savez si nous l'avons fait", dit la plaque à l'adresse des générations futures.

La plaque porte également la mention "415 ppm CO2", en référence au niveau record de concentration de dioxyde de carbone enregistré dans l'atmosphère en mai dernier. Elle a été fixée sur un rocher par des chercheurs islandais et de l'Université Rice aux Etats-Unis. Plusieurs centaines de scientifiques, des passionnés et des enfants étaient présents. 

"Voir un glacier qui disparaît c'est quelque chose qu'on ressent, qu'on comprend et c'est assez visuel", reconnaît Julien Weiss. Professeur d'aérodynamique à l'université de Berlin, il a fait le voyage avec sa femme et leur fils de 7 ans. "Le changement climatique on ne le ressent pas au quotidien, c'est quelque chose qui arrive très lentement à l'échelle humaine mais très rapidement à l'échelle géologique". "J'espère que cette cérémonie sera une source d'inspiration non seulement pour nous ici en Islande, mais également pour le reste du monde car ce que nous voyons ici n'est qu'un visage de la crise climatique", espère pour sa part Katrín Jakobsdóttir, Première ministre islandaise à l'AFP.

Un glacier déclassé en 2014

Sur place, le panneau qui indique la direction du glacier et de son sommet indique "Ok 1.141 m". Le suffixe "jökull", signifiant "glacier" en islandais, a été supprimé en 2014 à cause de la très faible présence de traces de glace. Elle recouvrait encore 16 km2 de surface en 1890 mais n'était plus que de 0,7 km2 en 2012, selon un rapport de l'université d'Islande publié en 2017.

"Pour avoir le statut de glacier, sa masse de glace et de neige doit être assez épaisse pour qu'il se déplace grâce à son propre poids", soit 40 à 50 mètres d'épaisseur afin de produire suffisamment de pression pour rendre la glace malléable, explique le géologue Oddur Sigurdsson.

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Près de la moitié des sites du patrimoine mondial pourraient perdre leurs glaciers d'ici 2100 si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, selon une étude de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publiée en avril. 

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