Volcan Taal aux Philippines : éclairs impressionnants, énorme panache de fumée... on vous explique ce phénomène

Aux Philippines, alors qu'un volcan est sur le point d'entrer en activité, il libère déjà des nuages de fumées impressionnants. Des milliers de personnes sont en cours d'évacuation.
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ÉRUPTION EXPLOSIVE - Aux Philippines, le volcan Taal s’est réveillé dimanche 12 janvier après 42 ans d’inactivité et les autorités locales restent en état d’alerte. À quel type de volcan a-t-on affaire ? Quels risques encourt la population ?… On fait le point sur l'un des volcans les plus actifs de l'archipel.

Aux Philippines, le volcan Taal, situé au sud de la capitale Manille, s’est réveillé dimanche 12 janvier après 42 ans d'inactivité, crachant un immense panache vapeur d’eau et de cendres. Depuis, près de 30.000 personnes ont déjà été évacuées, encore loin des 400.000 personnes aux alentours et menacées par l’éruption. 

Des images de l’imposante colonne émanant du volcan et zébrée d’éclairs ont beaucoup été relayées. Si le phénomène est impressionnant, il n’en est pas moins naturel, comme l’explique à LCI Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue et professeur à l’Université Paris-Saclay : "Quand des cendres, petites particules de roches qui contiennent du fer, frottent les unes contre les autres, cela créé de l’électricité statique. L’orage qui s’est produit est donc lié au panache de cendres et à l’eau qui se vaporise."

Taal, un "volcan en poupées russes"

Pour bien comprendre la particularité de ce volcan, il faut rappeler dans quel environnement il se trouve. Le volcan Taal, petit cône de 5 km de diamètre et culminant à 311 mètres seulement, est situé au centre d’un ancien cratère d’effondrement (appelé caldeira) formé il y a longtemps, lequel s’est rempli d’un lac d’une vingtaine de kilomètres de diamètre. À l’intérieur de ce cône volcanique, se trouve également un petit lac de cratère, qui a commencé à se vaporiser lors de l’éruption. En bref, un "volcan en poupées russes", selon les mots de Jacques-Marie Bardintzeff. 

"Ce ne sont pas forcément les volcans les plus gros qui sont les plus dangereux", avance le volcanologue qui rappelle la "mauvaise réputation" du volcan Taal. "Il a eu dans le passé des éruptions bien plus importantes (en 1965 et 1977, ndlr) et mes collègues philippins redoutent qu’il augmente d’intensité. Il est donc extrêmement surveillé". En effet, les autorités locales craignent qu’une éruption explosive plinienne se produise. Pour l’instant, celle-ci est "seulement" hydro-volcanique, du fait de la vaporisation de l’eau, mais devient de plus en plus magmatique en produisant de plus en plus de lave, selon le scientifique. 

Un risque de tsunami pas à négliger

Le volcan Taal appartient à la catégorie des "volcans gris" qui dégagent des panaches de cendres, par opposition aux "volcans rouges" desquels émanent surtout de la lave. Ces volcans gris produisent plusieurs types d’éruptions, dont les éruptions dites pliniennes, appellation en l’honneur des auteurs antiques Pline l’Ancien et Pline Le Jeune qui observèrent le réveil du Vésuve à l’origine de la destruction de la ville de Pompéi en l’an 79. 

Concrètement, une éruption explosive de ce type aurait de graves conséquences. En premier lieu, davantage d’évacuations qui pourraient concerner jusqu’à un rayon de 14 à 17 kilomètres soit 400.000 à 900.000 personnes à cause de possibles nuées ardentes, mais aussi et surtout un risque de tsunami dans le lac calderique, assure Jacques-Marie Bardintzeff : "Cela est possible si des matériaux retombent dans le lac."

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Des éruptions pliniennes majeures, le volcanologue les estime à "une fois tous les dix ans" dans le monde, voire à "quelques-unes par siècle" pour les plus redoutables : "Plus une éruption est importante, plus elle est rare car elle nécessite d’autant plus d’énergie." 

En attendant, les autorités philippines restent en état d’alerte, maintenue au deuxième niveau le plus élevé, et poursuivent les évacuations. Le pays est régulièrement sujet à des éruptions volcaniques, la dernière de grande ampleur ayant eu lieu en 1991 au Mont Pinatubo, "le grand voisin du Taal", et ayant fait plus de 800 morts. 

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