"Vous feriez mieux d'aller travailler !" : l'assemblée des actionnaires de la Société Générale perturbée par des écologistes

Planète

PROTESTATION - Trois associations écologistes sont intervenues lors de l'assemblée générale des actionnaires de la Société Générale, critiquant les investissement de la banque dans les énergies fossiles.

Micro en main, ils ont critiqué les dirigeants d'une des plus grandes banque française, devant ses propres actionnaires. Plusieurs dizaines de militants écologistes sont intervenus lors de l'assemblée générale des actionnaires de la Société Générale, pointant les investissements de la banque dans des projets liés aux énergies fossiles.

"La Société Générale suit des scénarios qui ignorent l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Reconnaissez-vous cet objectif ou allez-vous nous mener vers un monde invivable ?", a par exemple demandé l'un des 21 activistes présents dans la salle aux membres du conseil d'administration assis sur la scène.

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Membres d'Action non-violente COP21 (ANV-Cop21), des Amis de la Terre ou de Youth for Climate, ces activistes avaient acheté des actions de la "SoGé" afin d'assister légalement à cette assemblée générale, à l'issue de laquelle l'actuel directeur général de la banque, Frédéric Oudéa, a été reconduit pour un nouveau mandat.

10 milliards d'euros dans les énergies fossiles depuis 2015

Les organisations accusent notamment la Société Générale de financer des projets liés aux énergies fossiles à hauteur de 10 milliards d'euros depuis la COP21 de 2015. Ils affirment également que, "sur 10 euros de financement énergie de la banque, seulement 2 euros vont aux énergies renouvelables, contre 7 aux énergies fossiles".

Les activistes reprochent aussi à la banque d'avoir financé à hauteur de 2,4 milliards d'euros des entreprises actives dans l'extraction ou l'exploitation de charbon depuis la COP21. Ils pointent enfin le rôle de "conseiller financier" joué par la Société Générale dans le projet de terminal d'exportation de gaz de schiste liquéfié Rio Grande LNG, au Texas.

Parmi ces militants, certains sont montés sur la scène pour déployer des banderoles, avant d'être évacués de la salle, sous les critiques de certains actionnaires présents. "Qu'on les casse ! Qu'on casse les casseurs !",a lancé l'un d'eux.

En dehors de la salle, sur l'esplanade de La Défense, le quartier d'affaire parisien, d'autres militants ont attendu la sortie des actionnaires pour leur distribuer des tracts et déployer des banderoles, suscitant des réactions plutôt contrastées.

Un problème de société, pas le problème de la Société Générale- Un actionnaire de la banque

Des actionnaires de la banque ont pris le tract et discuté avec les militants, d'autres les ont même soutenus. Mais une majorité est sortie sans échanger avec les écologistes présents, et certains ont condamné l'opération. "Ce genre d'action n'a pas sa place dans une assemblée générale. C'est un problème de société, pas le problème de la Société Générale", a estimé l'un d'eux. 

En avril, le siège de la Société Générale avait été bloqué pendant toute une journée par des activistes d'ANVCop21, les Amis de la Terre et Greenpeace.

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