Youth for Climate tient son congrès à Grenoble : qui sont les figures françaises du mouvement ?

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MOBILISATION - Greta Thunberg, Anuna de Wever… Leurs visages sont exposés partout à travers le monde, dépassant largement la Suède et la Belgique, leurs pays d’origine. Alors que de jeunes Français se réunissent au 3e congrès national de Youth for Climate qui se tient jusqu’au 2 novembre à Grenoble, qui sont les figures du mouvement dans l’Hexagone ?

Chaque vendredi pendant des mois, les jeunes du monde entier ont marché pour alerter sur l’urgence climatique et ont élu naturellement des figures à la tête de ce mouvement jeune et citoyen. Anuna de Wever, Kyra Gantois à Bruxelles et Greta Thunberg à Stockholm, pour ne citer qu’elles. Leur visibilité a dépassé les frontières, le cas le plus frappant étant celui de la jeune Suédoise qui est devenue l'égérie de la cause environnementale. 

En France, le mouvement se veut moins pyramidale en ne se rassemblant pas autour d’un ou d'une cheffe de file. "Youth For Climate France a fait le choix d'être un mouvement horizontal et sans porte-parole. Nous n'avons pas de leaders en France", avance-t-il à LCI. Pour autant, certains militants ont trouvé une certaine visibilité médiatique. À l’Assemblée nationale le 23 juillet dernier, trois jeunes Français ont été invités par le député Matthieu Orphelin à prendre la parole en compagnie de Greta Thunberg. Qui sont-ils ? 

Je me suis dit, c'est le moment de faire quelque chose de plus gros à Bordeaux- Virgile Mouquet, militant écologiste

Virgile Mouquet semble être le plus exposé des jeunes militants français. De son premier déclic il y a deux ans grâce au cri d’alarme, dans les colonnes du Monde, de 15 000 scientifiques sur l’état de la planète, à son engagement dans les rues de Bordeaux, sa ville, il n’y a qu’un pas. Mais c’est bien la Suédoise Greta Thunberg qui lui donne envie de passer aux actes avec Youth for Climate. "Je me suis dit, c’est le moment de faire quelque chose de plus gros à Bordeaux, de prendre contact avec des jeunes d’autres lycées, et on a organisé ça", explique le jeune homme de 18 ans à France 3 en référence à la marche du 15 mars dernier qui a rassemblé plus de 200 000 personnes à Bordeaux. Depuis, il multiplie les entretiens avec les journalistes. Son message, Virgile Mouquet tient à le diffuser le plus possible : "L’urgence aujourd’hui est de nous battre pour défendre cet avenir, et ce dès maintenant", rappelle-t-il au site d’économie Novethic

Sur son compte twitter, Virgile Mouquet inscrit dans sa bio "Quand l’espoir meurt, l’action commence". Puis évoque Extinction Rebellion, le mouvement de désobéissance civile et de non-violence, la convergence des luttes étant l’une des ambitions de Youth for Climate. Le sujet est en tout cas au menu du congrès de Grenoble. 

Un refus de personnification du mouvement

Elève de terminale et rédactrice en chef du journal de son lycée, Alicia Arquetoux s’engage pour le climat depuis l’enfance. Auprès de Youth for Climate, elle trouve une source de motivation supplémentaire et crée à Lorient une antenne locale du mouvement. La jeune femme de 17 ans organise notamment la marche du 15 mars dans sa ville du Morbihan. Face aux députés cet été, elle lance : "La loi française punit la non-assistance en danger, qu’en est-il quand c’est une nation entière qui est en danger ?" Si son action s’inscrit dans le sillon de Greta Thunberg, Alicia Arquetou dit préférer l’ombre à la lumière : "Youth for Climate est contre la personnification du mouvement car les gens s’attaquent à la personne qui est le symbole, comme Greta, mais pas au fond du problème", confie-t-elle à Ouest France. La jeune femme participe également aux actions d’Extinction Rebellion, comme à l’occasion du contre-sommet du G7 organisé au mois d’août à Hendaye. Entre les deux mouvements, les luttes ne semblent pas si éloignées et des militants optent pour balancer de l'un à l'autre.

Ivy-Fleur Boileau est aussi de ceux qui ont pu arpenter les couloirs du Palais Bourbon pour parler climat. Originaire de Saumur, la jeune femme y étudie le théâtre, discipline somme toute utile pour défendre ses convictions écologistes devant un parterre de députés. Ses débuts au sein du mouvement, Ivy-Fleur Boileau les situe à l’automne dernier, lorsqu’elle enjoint ses camarades d’aller marcher pour alerter sur l’urgence climatique. Ces derniers ne veulent pas... Qu’à cela ne tienne, l’étudiante de 19 ans y va seule et crée un groupe sur Facebook dans la foulée avec d’anciens amis du lycée. Après un discours d’une minute trente à l’Assemblée nationale, Ivy-Fleur Boileau souhaite désormais s’effacer de la sphère publique. "Je sais que j’ai des choses à dire et je ne peux pas ne pas agir. Mais je ne veux pas me mettre plus en avant", confie-t-elle au Courrier de l’Ouest. "Greta, je ne sais pas comment elle fait." 

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