Épisode 25 – Sophie Fontanel : "Enfant, je voulais être une vedette comme Claude François"

Les gens qui lisent sont plus heureux

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#PODCAST - Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux

PODCAST - Dans "Nobelle", la journaliste et romancière Sophie Fontanel raconte la naissance du sentiment amoureux et de la passion des mots chez une fillette de 10 ans. Elle est l'invitée du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux".

Et si, à l’heure où les réseaux sociaux vampirisent nos cerveaux, prendre le temps de lire un livre était un acte de résistance ? A chaque numéro de ce podcast, je pars à la rencontre d’une personnalité qui partage avec nous sa passion de la lecture. Et plein d’autres choses encore ! 

Pour cet épisode, je suis parti à la rencontre de Sophie Fontanel. Figure des grandes années de Canal +, cette formidable journaliste de mode, passée par "Cosmopolitan", "Elle" et "Le Nouvel Observateur", est également une romancière à succès qui puise son inspiration dans son amour de la poésie, son sens de l’humour, ses histoires personnelles douloureuses aussi. 

Son dernier livre s’intitule "Nobelle". Et a priori, c’est une fiction. Son héroïne est Annette Comte, une romancière qui s’apprête à recevoir le Prix Nobel, à Stockholm. Durant son discours de remerciement, elle se souvient de l’année de ses 10 ans. Et plus précisément de cet été où elle a croisé la route du beau Magnus, durant des vacances en famille dans le Sud de la France.

"Nobelle" raconte la naissance du sentiment amoureux et l’éclosion d’un talent précoce avec un savant mélange de douceur, de sensualité… et de cruauté. Je suis allé m’entretenir de ce délice de lecture avec son auteure, chez elle, dans son appartement en plein cœur de Paris. 

Un entretien au cours duquel nous avons évoqué l'enfant de 10 ans qu'elle était, la polémique autour du dernier roman de Yann Moix - dont elle avait dénoncé les propos sur les femmes de 50 ans dans un billet savoureux -, mais aussi sa passion pour Instagram...

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Sur "Nobelle", son nouveau roman

"Je n’ai rien contre les gens qui racontent leur histoire personnelle. Je l’ai trop fait pour juger qui que ce soit. Mais à chaque fois, j’ai essayé d’emmener ce qui était mes limites, mes fêlures, vers une solution. Et de le faire pas seulement pour moi mais aussi pour le lecteur. Là, je suis partie d’un monde inventé – mais il suffit de dire quatre mots au hasard pour réaliser qu’ils ont un sens avec votre passé. Annette a des points communs avec moi. Mais tout ce que je raconte est sorti de mon imagination. Donc ça doit bien être quelque part dans ma vie. Même si j’étais étonnée que tout ça sorte de moi, si je puis dire !".

Sur l’écriture du point de vue d’un enfant

"C’était toute la difficulté du livre. Il fallait réussir à ne pas parler bébé, même si elle a 10 ans et qu’en 1972, les enfants avaient une expression différente de celle des enfants d’aujourd’hui. Ce que je voulais, c’est restituer l’enfance par l’état d’âme de la petite fille. Dans le livre, il y a donc très peu de propos enfantins. Mais c’est totalement le point de vue d’un enfant. Il m’a fallu par exemple créer les poésies qu’elle écrit et dans lesquelles le lecteur devait ressentir son talent. Ça m’a pris deux ans au total."

Sur l’enfant de 10 ans qu’elle était

"Je voulais être chanteuse. On m’avait offert une guitare et un piano, j’écrivais des chansons et très vite, j’ai passé des auditions dans des maisons de disques. J’étais dans une autre histoire. J’étais enfant-chanteur. Je voulais être une vedette comme Claude François. Mais je n’ai pas été confrontée à la cruauté qui s’abat sur Annette dans le livre. Je lui donne un don qui est beaucoup plus grand que le mien et qui va l’amener à la consécration mondiale. Or cette petite fille a beaucoup de mal à ce qu’on s’aperçoive qu’elle existe. Ce qui n’était pas mon cas."

Sur l’enfance racontée par Yann Moix

"Comment ne pas suivre ce qui se passe avec ce livre dont j’ai lu 10 pages ? Je ne dis pas que c’est mal écrit… mais ça ne me nourrit pas. Alors je l’ai refermé. Je n’ai rien contre lui. Visiblement il a beaucoup souffert, quelle que soit la réalité de ce qu’il a vécu. Moi j’ai raconté dans d’autres livres mes souffrances, et notamment la terrible agression dont j’ai été victime lorsque j’étais adolescente. Mais je suis mise à écrire de la lumière avec ça (…) "Orléans", je le lirai peut-être un jour. Mais peut-être dans dix ans. C’est important, lorsqu’il y a tant de battage, de laisser passer du temps. Moi, plus on m’agite la clochette sous le nez, plus j’ai l’impression qu’il faut reculer et se mettre dans un coin calme".

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Sur le bonheur que procure la lecture

Ça dépend ce qu’on lit. Il y a des gens qui me disent ‘je n’aime pas lire’. Et puis vous leur mettez entre les pattes "L’île d’Arturo" d’Elsa Morante. J’ai fait ça pour un adolescent qui n’était pas très bien dans sa peau. Tout à coup, lire l’histoire de ce garçon qui monte sur les murs, qui saute presque au plafond parce qu’il ne sait pas comment exprimer son amour, ça vous rend extrêmement heureux. Parce que vous réalisez que quelqu’un a réussi à faire de l’or avec quelque chose qui chez nous n’est encore que de la boue. Maintenant, si vous achetez un livre parce que vous avez l’impression qu’il faut le lire, que le thème est sordide et que c’est traité de manière glauque, je ne suis pas sûr que ça vous rende très heureux !".

Sur sa passion pour Instagram

"C’est totalement une forme d’expression artistique. Il y a plein de comptes comme le mien où les gens sont totalement engagés dans l’idée de donner du beau. Et donc d’en fabriquer. On n’est pas là à réagir, à revendiquer en permanence. C’est pour moi très important car c’est totalement un outil poétique. Vous pouvez en faire le diable. Mais vous pouvez aussi en faire la poésie même. J’aurais adoré que Françoise Sagan ou Jacques Prévert postent sur Instagram. On critique beaucoup Instagram mais la plupart des grands artistes contemporains y sont. Et ils montrent des choses splendides qui m’aident à vivre !".

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