Épisode 27 - Alexis Michalik : "Je ne suis guidé que par les histoires qui me touchent"

Les gens qui lisent sont plus heureux

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#PODCAST - Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux

PODCAST - Après son triomphe au théâtre avec "Edmond", l'acteur et metteur en scène Alexis Michalik publie "Loin" (Albin Michel). Un premier roman fleuve dont le héros parcourt l'Europe à la recherche de ses origines. Il est l'invité du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux".

Dans cet épisode, je reçois Alexis Michalik, le météore qui a conquis le théâtre français en l’espace de quelques années avec "Le Porteur d’Histoire", "Le Cercle des illusionnistes" ou encore "Edmond". Cette pièce, qui raconte les coulisses de la création de "Cyrano de Bergerac", a remporté pas moins de 5 Molière en 2017. En janvier dernier, son auteur en a fait un film qui a séduit près de 700.000 spectateurs…

En cette rentrée littéraire, c’est le Michalik écrivain qu’on découvre avec "Loin". Antoine, un jeune homme bien comme il faut, est sur le point d’épouser sa petite amie lorsqu’il découvre une carte postale qui remet en question l’histoire familiale qu’on lui a raconté toute sa vie. Avec Laurent, son meilleur ami, et Emma, sa jeune sœur, il embarque pour un voyage imprévisible à travers l’Europe, sur la piste de ses origines.

Sur son premier roman

"Au départ, je rêvais d’en faire une série itinérante qui traverse les pays et les époques. Je me suis vite rendu compte que ça allait coûter extrêmement cher. Et j’ai réfléchi au moyen le plus économique de raconter cette histoire. Il y a 3 ou 4 ans, j’ai envoyé une quarantaine de pages chez Albin Michel en me disant que si je trouvais un éditeur, je continuerai. Mais que dans le cas contraire, je n’aurais pas le courage de me mettre seul à table pour écrire ce roman dont je savais déjà qu’il allait être fleuve. Heureusement Gérard de Cortanze chez Albin m’a répondu favorablement et m’a encouragé à écrire la suite. Tous les deux ou trois mois, il m’appelait pour savoir où j’en étais. Au début je répondais ‘nulle part’ vu que j’étais en train de monter un spectacle. Et ça a duré comme ça trois ans. Jusqu’au jour où je l’ai terminé.

Sur la dimension autobiographique

"J’ai toujours dit que dans mon travail, je ne parlais pas de moi. Parce que ma vie personnelle n’est pas très intéressante. Tout va bien ! Alors je vais chercher mes histoires ailleurs. C’est le cas avec "Edmond", avec "Le Porteur d’histoires". Soit c’est  complètement romancé et inventé comme c’est le cas avec "Loin". Mais je me rends compte qu’on finit toujours par parler de soi. Si on est sincère et qu’on raconte quelque chose qui nous émeut, c’est pour une raison intime. Evidemment que je ne suis pas Antoine, le héros de "Loin" à qui il arrive toute ces aventures. Mais il y a un peu de moi en lui. Et dans les autres personnages que sont Laurent et Emma."

Sur sa boulimie de travail

"J’ai un frère jumeau ! (sourires). Mon secret ? Je dors bien, je me lève tôt et je ne bois pas d’alcool. Ça m’aide à être efficace dès le matin ! En règle générale lorsque je me réveille, je dois faire quelque chose de productif (…) J’ai avant tout l’envie de raconter. Après, il se trouve que les spectacles ont marché de manière disproportionnée par rapport à ce qu’on imaginait et c’est merveilleux. Mais tout ce que ça fait, c’est m’accorder encore plus de liberté sur le prochain. Je ne suis guidé que par les histoires qui me touchent. Et j’aime aller vers les choses que je ne connais pas. Refaire la même recette, ça ne m’intéresse pas. C’était génial de faire un film, c’était génial d’écrire un roman. Peut-être un jour une série !".

Sur le bonheur que procure la lecture

"Je ne pense pas que les gens qui lisent soient plus heureux. Je ne sais pas si c’est le bonheur qu’ils découvrent. En tout cas c’est une forme de sérénité. C’est une phrase qui revient souvent dans "Loin" : l’essentiel n’est pas la réponse mais de se poser la question. Lire, c’est aussi une manière d’être curieux, de découvrir, de chercher. C’est évoluer. Au Moyen-Âge, l’église contrôlait complètement la lecture et empêchait les gens du peuple de lire. Les livres étaient réservés aux moines copistes dans les monastères. Est-ce que les gens étaient moins heureux ? Je ne sais pas. Mais ils étaient clairement moins éclairés."

>> Pour retrouver tous les épisodes du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux", c'est par ici !

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