Episode 37 - Diane Ducret : "Une Hitler au féminin serait-elle possible dans l'Europe de demain ?"

Episode 37 - Diane Ducret : "Une Hitler au féminin serait-elle possible dans l'Europe de demain ?"
Les gens qui lisent sont plus heureux

PODCAST - Dans "La Dictatrice", Diane Ducret plonge ses lecteurs dans une Europe au bord du chaos. Son seul espoir ? Aurore Henri, une jeune Française rebelle qui fascine la nouvelle génération. La romancière franco-belge est l'invitée du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux".

Diane Ducret est une femme qui a déjà connu plusieurs vies. Adolescente, elle a été championne d’équitation, avant de renoncer à la compétition suite à un grave accident. Après une longue période de rééducation, elle s’installe à Paris où elle décroche une maîtrise d’histoire de la philosophie à la Sorbonne, avant d’entamer une carrière de journaliste. Elle travaille pour le magazine télé "Des racines et des ailes", pour la chaîne Histoire, pour Europe 1 ou encore le Huffington Post.

En 2011, Diane publie "Femmes de dictateur", consacré comme son nom l’indique aux épouses des pires tyrans du XXe siècle. Neuf ans après ce best-seller qui lance sa carrière d’écrivain, et presque autant de livres entre temps, elle est de retour avec "La Dictatrice" (Flammarion), un roman d’anticipation qui ravira celles et ceux qui ont lu "La Servante Ecarlate" de Margaret Atwood, ou "Le Pouvoir" de Naomi Alderman. 

Nous sommes en 2023 et Aurore Henri, une jeune reporter de guerre française blessée en Irak, assiste médusée à la dislocation de l’Union Européenne. Emprisonnée après avoir jeté une pierre au visage de l’un de ses dirigeants, elle devient l’icône d’une nouvelle génération qui va la porter au pouvoir, à ses risques et périls. Diane Ducret décrit un futur proche. Mais son roman fait écho de manière troublante au chaos qui secoue notre continent. Et si sa dictatrice frappait à nos portes plus tôt que prévu ? 

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Sur l’héroïne de "La Dictatrice"

"Le personnage d’Aurore Henri est né parce que je me suis demandée ce qui se passerait si 100 ans après Hitler, une femme devenait la première dictatrice de l’Histoire. D’ailleurs 'dictatrice' est un mot qui n’existe pas en français. C’est un néologisme. Est-ce qu’une Hitler au féminin serait possible ? Est-ce qu'une femme pourrait prendre le rôle de maîtresse d’une idéologie destructrice ? C’est cette question qui a un peu fait naître le personnage d’Aurore Henri (...) Au départ ses intentions sont pures, elle veut redonner au peuple européen sa grandeur. Elle veut déclarer le bien public. Et finalement elle va faire le mal et sombrer dans la folie."

Sur le parallèle avec l’Europe actuelle

"Le livre commence en 2023, dans une Europe déchirée par les inégalités, par le Brexit. Dans laquelle les populistes et les nationalistes prennent le pouvoir. Beaucoup demandent la fin de l’Europe, la fin de l’immigration, il y a des manifestations tous les week-ends, on assiste au siège de l’Elysée, des ministres se font attaquer. C’est une situation pré-insurrectionnelle qui ressemble, c’est vrai, à celle qu’on est en train de vivre en ce moment. On a l’impression d’être assis sur des braises et que le feu ne demande qu’à partir."

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Sur le travail d’écriture

"C’est un livre que j’ai muri pendant près de deux et demi. C’était nécessaire pour créer cet univers, ce personnage complexe et créer cet univers, redessiner une géographie de l’Europe, réinventer une hiérarchie politique. Une nouvelle forme de culture, un nouveau projet. Ce livre, je l’ai gardé pour moi tant que je l’écrivais. Comme si j’avais besoin d’être en tête à tête avec Aurore Henri. Un être destructeur, fou, génial. J’avais besoin de la regarder en face. Et pendant un certain temps je l’ai tenu secrète, de mes amis, de mon conjoint."

Sur le message de "La Dictatrice"

"Il faut y voir une forme de mise en garde. "La Dictatrice" tend un miroir à notre époque et c’est ça qui est dérangeant. A notre époque politique et sa vacuité. A tous ceux qui veulent fermer les yeux et dire ‘ça passera’. C’est une mise en garde pour la jeunesse parce qu’elle a besoin de se politiser pour ne pas que nous sombrions dans les droites dures. C’est aussi une mise en garde contre  les médias qui fabriquent des idoles de manière instantanées grâce aux réseaux sociaux. Rappelez-vous qu’Adolf Hitler avait fait la une de "Time Magazine" en 1938 en qualité de personnalité de l’année… comme Aurore Henri dans mon livre."

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Sur le bonheur que procure la lecture

"Est-ce qu’on lit véritablement pour être heureux ? Non, je ne pense pas. Je crois qu’on lit pour être plus épanoui, pour être questionné, pour se faire peur. Je crois aussi qu’on lit pour se sentir vivant. Pour avoir des sensations, pour avoir une vie plus grande que la nôtre. Pour tester des existences plus enviables ou plus malheureuses que la nôtre. Je crois que la lecture, c’est la grande métaphorisation de notre être. On le transporte ailleurs. Mais je ne suis pas sûr qu’on soit plus heureux en lisant."

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