Épisode 15 - Grégoire Delacourt : "Les livres m'ont sauvé à un moment où je n’aimais plus ma vie"

Les gens qui lisent sont plus heureux

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#PODCAST - Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux

LIVRES - Dans "Mon Père", qu'il vient de publier, l'écrivain Grégoire Delacourt organise le face-à-face entre un prêtre et l’homme qui l’accuse d’avoir abusé de son fils. Un roman choc qui marque un tournant dans la carrière de l’ancien publicitaire, invité du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux".

Dans cet épisode, je pars à la rencontre de l’écrivain Grégoire Delacourt. Pendant près de deux décennies, cet ancien publicitaire a loué ses talents aux plus grandes marques avant d’écrire son premier roman, "L’écrivain de la famille", à l’âge de 50 ans. Depuis le succès en 2011 de "La liste de mes envies", adapté au cinéma avec Mathilde Seigner et Marc Lavoine, il revient en librairie à intervalles réguliers. Il y a eu "La première chose qu’on regarde", "Danser au bord de l’abîme" et "La femme qui ne vieillissait pas".

"Mon père", qui vient de paraître chez Jean-Claude Lattès, est l’un de ses romans les plus courts. L’un des plus violents aussi. C’est un huis clos étouffant dans lequel un homme est confronté au prêtre qu’il accuse d’avoir abusé de son petit garçon. De ce sujet en prise directe avec l’actualité, Grégoire Delacourt a su éviter tous les écueils pour livrer une fiction à la fois intime et universelle…

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Sur sa découverte de la lecture

"Les livres ont été importants pour moi très tôt dans ma vie compliquée d’enfant chagriné par les coups du sort. Je suis tombé dedans à l’âge de 10 ans. Ceux de Pagnol notamment. Et je crois qu’ils m’ont littéralement sauvé la vie à un moment où je n’aimais plus ma vie. J’ai découvert dans les livres des promesses, des solutions, des îles, des horizons extraordinaires qui m’ont fait tenir en me disant 'je pourrai les atteindre un jour."

Sur "Mon Père", son nouveau roman

"Il vient d’une colère très ancienne, presque au sens religieux du terme. Ça vient sans doute ce qu’on m’a appris au catéchisme avec cette saloperie de sacrifice d’Abraham qui m’a révolté à l’époque (…) Il m’a fallu du temps pour affronter le sujet, pour oser mettre dans un huis clos le prétendu "tourmenteur" d’un enfant et le père de cet enfant. Qu’est-ce qu’ils vont se dire ? Il fallait que j’aie confiance dans mes mots."

Sur la condamnation du cardinal Barbarin

"C’est un hasard absolu. Un romancier n’est pas dans le temps de l’actualité. C’est dommage que cette actualité arrive si tard. Mais c’est bien qu’elle soit enfin là. Il y a appel, alors on verra bien. Six mois avec sursis… Est-ce vraiment une condamnation pour un homme qui n’a pas dénoncé l’un de ses collègues qui a sodomisé un gamin ? La justice est là mais justement : il y a un problème de justice."

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Sur le film de François Ozon, "Grâce à Dieu"

"Je trouve ça formidable qu’un artiste de son niveau ait envie de porter cette vérité de manière artistique. Parce que ce sont des sujets qui pourrissent nos vies, qui sont des épines dans nos cœurs et dans la peau des enfants. Peut-être que ça va amplifier quelque chose. Qu’on va passer du fait divers à un phénomène de civilisation plus grand."

Sur les réseaux sociaux

"Je ne sais pas quoi mettre ! Comme je n’ai pas envie de parler de moi, de montrer mes pompes où ce que je bouffe… J’écris des livres et si les gens s’intéressent à ma vision du monde, elle se trouve là. Et puis si c’est pour en faire quelque chose de commercial, c’est une négation même de la prétendue liberté que proposent les réseaux sociaux."

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