Colombe Schneck : "En Amérique, un noir aux mains d’un policier est un homme en danger de mort"

Colombe Schneck
#PODCAST - Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux

PODCAST - Dans "Nuits d’été à Brooklyn" (Stock), Colombe Schneck dépeint les tensions raciales dans l’Amérique du début des années 1990. Une fiction qui fait écho à l'affaire George Floyd et à la mobilisation du mouvement Black Lives Matter. Elle est l'invitée du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux".

Avant de participer à l’émission "Arrêts sur images", où elle décryptait l’actu des médias, la journaliste Colombe Schneck fut stagiaire au bureau du journal Le Monde à New York, un séjour qui inspire son dernier roman, "Nuits d’été à Brooklyn" (Stock). Nous sommes en août 1991 et Esther, son héroïne française, tombe sous le charme de Frederick, un professeur de littérature, spécialiste de Flaubert. Il est noir, marié et père d’une adolescente.

Leur histoire d’amour se déroule alors que dans le quartier de Crown Heights, où cohabitent juifs orthodoxes et afro-américains, la mort accidentelle d’un petit garçon va entraîner une flambée de violences. Une situation qui fait écho aux tensions qui parcourt aujourd’hui l’Amérique. Les choses auraient-elles si peu changées depuis ?

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"Le racisme, c’est la première chose qui m'a frappée lorsque je suis arrivée à New York", se rappelle Colombe Schneck. "Je suis alors jeune diplômée, j’ai fait des études d’histoire. Je pense que la ségrégation, c’est terminé. Et je me rends compte que non. Qu’elle n’est plus dans la loi mais dans les faits. Trente ans après, dont huit de présidence Obama, il y a de minuscules progrès. Davantage de noirs sont diplômés des grandes universités. Il y a une classe moyenne noire. Mais quand vous êtes un jeune noir et que vous vous promenez dans la rue, la peur et la même."

Une rencontre marquante

Cette peur, Colombe Schneck en prend conscience lorsqu’elle fait la rencontre d’un jeune homme dont est inspiré le personnage de Frederick dans son roman. "Il est diplômé d’une grande université. Il travaille dans l’édition, c’est un intellectuel. Il parle français couramment. Il a tout pour me plaire", raconte-t-elle. "On se donne rendez-vous dans un bar et il arrive en retard. Là il m’explique que c’est parce qu’il ne peut pas courir dans la rue. Qu’il prend le risque de se faire arrêter. Et qu’un noir aux mains d’un policier, c’est un homme en danger de mort."

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Un souvenir glaçant au regard de l'affaire George Floyd et des nombreux drames qui l'ont précédée, la romancière rappelant la mort d’Ahmaud Arbery, 25 ans, abattu le 23 février dernier par un ancien policier alors qu’il faisait son jogging dans un quartier résidentiel blanc de Brunswick, en Géorgie. La mobilisation planétaire de ces derniers jours marque-t-elle un tournant pour l’Amérique ? "C’est terrifiant. Mais j’ai l’impression qu’on est dans ce moment où on réalise enfin qu’il y a quelque chose qui ne va pas."

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