Épisode 14 - William Lafleur et Marie Pellan : ces deux jeunes profs montent au front avec "Le Hussard Noir"

Les gens qui lisent sont plus heureux

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#PODCAST - Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux

LIVRES - Dans "Le Hussard Noir", William Pellan et Marie Pellan mettent en scène un jeune prof de ZEP au bord de la crise de nerfs qui décide de prendre sa classe en otage et se retrouve dans l'oeil du cyclone médiatique. Un suspense qui s'inspire de leur propre expérience professionnelle. Ils sont les invités du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux".

Et si, à l’heure où les réseaux sociaux vampirisent nos cerveaux, prendre le temps de lire un livre était devenu un acte de résistance ? "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux", c’est un podcast consacré au bonheur de la lecture, sous toutes ses formes, sans préjugé. A chaque épisode, je pars à la rencontre d’une personnalité qui partage avec nous sa passion des livres. Et bien plus encore ! Dans ce numéro, j’ai non pas un, mais deux invités : William Lafleur et Marie Pellan, co-auteurs du roman "Le Hussard Noir" (Flammarion). 

William Lafleur, vous avez peut-être entendu parler de lui à travers son double numérique, Monsieur le prof, auteur d’un blog et d’un compte Twitter qui balancent aussi bien sur les incohérences de l’Education nationale que les travers d’une génération d’élèves nourrie aux réseaux sociaux. Après un premier roman intitulé "Point Final" (Michel Lafon), paru en 2013, il s’est associé à Marie Pellan, prof de lettres en zone d’éducation prioritaire pour donner naissance à un thriller détonnant.

"Le Hussard Noir", c’est Thomas Debord, un jeune prof qui, lassé de ne pas être entendu, décide un matin de prendre en otage sa classe pour porter un message auprès des médias. Une fiction plus vraie que nature ? "On a nourri tous les deux beaucoup de frustration vis-à-vis d’un métier qui nous engage au quotidien", admet William. "On a tous les deux le sentiment de ne pas avoir les moyens nécessaires pour mener à bien nos élèves vers la réussite. On en discutait beaucoup tous les deux et on a décidé de mettre tout ça dans un livre."

"Ce roman, je l’ai conçu pour moi", avoue Marie Pellan. "Je me sentais débordée de choses à dire, je n’avais pas le sentiment de trouver la place de me faire entendre en tant que prof. On a la réputation de tout le temps se plaindre, de tout le temps être en grève, de tout le temps avoir quelque chose à redire. Et ça disqualifie une parole qui est pourtant basée sur une réalité de terrain."

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De manière habile, les deux auteurs construisent une intrigue à plusieurs voix, la prise d’otage étant racontée par son auteur, le négociateur du Raid, une journaliste de presse écrite mais aussi les réseaux sociaux qui se nourrissent de la moindre rumeur. "Tout le monde veut s’emparer des médias et en même temps on les pointe du doigt parce qu’ils ne sont jamais à notre écoute", souligne William. "Là on a un personnage qui veut faire entendre sa parole et qui se retrouve lui-même pris en otage de la course effrénée à l’information, même parfois lorsqu’il n’y a rien à dire."

Quid de la place du livre dans le quotidien de leurs jeunes élèves ? "La moitié de mon travail, lorsque je suis devant mes élèves, c’est de la convaincre que la littérature a sa raison d’être", raconte Marie. "Ce qui est vrai, c’est qu’il y a aujourd’hui une priorité dans les foyers français pour des objets qui coûtent extrêmement chers comme les smartphones ou certains types de vêtements. Et s’entendre dire qu’un livre à 7 euros, c’est pesant pour une famille, ça peut être un peu agaçant."

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Les gens qui lisent sont-ils plus heureux ? Mes deux invités hésitent. "Les livres ne sont pas conçus pour rendre les gens heureux mais pour leur donner matière à penser", estime William. "Penser, c’est un bonheur immense. Mais ça vient aussi avec des difficultés." Pour Marie, "les gens qui lisent vont avoir plus facilement tendance à se rendre compte qu’ils sont malheureux. Quand on lit, on augmente sa conscience. Ça va avec un bonheur augmenté et aussi une conscience accrue du fait que la réalité est difficile… et parfois ça rend triste !".

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