Épisode 9 - Olivier Norek : "Lorsque vous lisez, vous créez un séisme absolu dans votre cerveau"

Les gens qui lisent sont plus heureux
RENCONTRE - Ancien flic dans le 93, Olivier Norek est devenu l’une des figures majeures du nouveau polar à la française. Il le prouve encore avec "Entre deux mondes", qui vient de paraître en poche chez Pocket. Une enquête haletante qui ballade le lecteur de la Syrie au bord du chaos à la jungle de Calais. Alors qu’il met la touche finale à son prochain roman, il a accepté d’être l’invité du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux".

Et si, à l’heure où les réseaux sociaux vampirisent nos cerveaux, prendre le temps de lire un livre était un acte de résistance ? "Les Gens qui lisent sont plus heureux", c’est un podcast consacré à la passion de la lecture, sous toutes ses formes, sans préjugé. A chaque épisode, je pars à la rencontre d’une personnalité qui partage avec nous sa passion des livres. Et bien  plus encore !


Dans ce 9ème numéro, je pars à la rencontre de l’écrivain français Olivier Norek. C’est dans un bar à Pantin, en Seine-Saint-Denis, que nous nous sommes donnés rendez-vous. Ce département, il le connaît bien puisqu’il y a été flic pendant 18 ans, avant d’en faire le théâtre de ses trois premiers polars. Il était d’ailleurs toujours dans la police lorsqu’il a participé, en 2011, au prix littéraire aufeminin e-ecrire avec une nouvelle qui a bluffé le jury.

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"Les nouvelles étaient anonymes, je suis arrivé à la troisième place. Et quand je suis allé récupérer mon prix, ils ne s’attendaient pas du tout à voir quelqu’un comme moi. Aufeminin.com, c’est plutôt… Un site féminin ! Le sujet de la nouvelle aussi était plutôt féminin – la première fois que j’ai dit je t’aime – et ils croyaient voir débarquer une nana entre 20 et 25 ans. Sauf qu’ils ont vu arriver un vieil officier de police de 40 piges, avec une barbe énorme et les yeux dans les poches parce que je sortais d’une enquête qui ne m’avait pas fait dormir pendant 72 heures."

C’est grâce à ce concours, dont il fait partie du jury cette année, qu’Olivier va attirer l’attention des éditions Michel Lafon. "Ils m’ont dit ‘tu as une écriture hyper sensible, et maintenant on apprend que tu es flic en police judiciaire. Si tu pouvais mélanger les deux, alors on aurait peut-être un roman." C’est la naissance de "Code 93", la première enquête du Capitaine Victor Coste, paru deux ans plus tard, séduisant aussi bien la critique que les fans de polar. Un succès qui se prolonge avec Surtensions et tandis que le flic cède définitivement la place à l’écrivain. `


Avec "Entre deux mondes", paru en 2017, Olivier Norek a encore changé de dimension avec sans doute son livre le plus ambitieux. Une enquête à la fois haletante et sensible qui promène le lecteur de la Syrie au bord du chaos à la jungle de Calais. Pour l’écrire, Olivier s’est plié à un long travail de terrain qui n’est, au fond, pas si différent de son ancien métier. "Ecrire un roman pareil, ça nécessite 6 mois d’enquête", souligne l’intéressé.

"Entre deux mondes" bientôt adapté au cinéma

"J’ai passé trois semaines dans la jungle, à vivre jour et nuit avec les migrants", poursuit Olivier Norek. "Ensuite j’ai passé encore plus de temps avec les flics de la BAC de Calais. Je suis allé voir des professeurs au CNRS, à Sciences-Po, des experts dans les mouvements migratoires du Moyen-Orient et du Nord de l’Afrique. Ensuite je suis allé voir des politiques. Une fois que j’ai eu toutes ces informations-là, je me suis autorisé à écrire."


"Entre deux mondes" vient de paraître au format poche chez Pocket et sera bientôt adapté au cinéma par Gilles Paquet-Brenner, le réalisateur de "Elle s’appelait Sarah" avec Kristin Scott-Thomas et "Dark Places" avec Charlize Theron. Au moment où vous lirez ces lignes – et écouterez ce podcast - Olivier, lui, sera en train de mettre la touche finale à son prochain roman, "Surface", qui paraîtra l’an prochain. Alors seulement il prendra le temps de lire les autres. Et surtout pas avant.

"Quand j’étais policier, mon but c’était de ne pas prendre les émotions et les sentiments d’une enquête pour ne pas la parasiter. Je me disais toujours ‘ce ne sont pas tes proches, ce n’est pas ta peine.’ Romancier, c’est l’inverse", observe-t-il. "Si en période d’écriture je lis un roman, que je trouve une intro sublime, un personnage très bien écrit ou un retournement de situation auquel je ne m’attendais pas, je suis déjà en train de le voler et de me demander comment je vais le paraphraser. C’est inconscient. Mais lorsqu’on touche au sublime… on veut ce sublime !".

Lorsqu’on lui demande si elle est d’accord avec le titre de ce podcast, Olivier Norek répond sans hésiter : "Lorsque vous lisez un livre, vous faites appel à des parties de votre cerveau qui sont laissés en paix régulièrement. Un film demande peu d’implication : on vous donne les couleurs, les textures, le physique des personnages. Vous n’avez rien à créer vous-même. Alors que lorsque vous lisez, vous créez un séisme absolu dans votre cerveau. Parce que c’est lui qui va créer toutes les informations que vous n’avez pas. Vous le faites travailler… et ça apporte du bien-être. C’est tout aussi épuisant qu’une course à pied !".

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