Episode 52 - Philippe Torreton : "Lorsque j’étais enfant, la parole d’un professeur comptait"

Episode 52 - Philippe Torreton : "Lorsque j’étais enfant, la parole d’un professeur comptait"
Les gens qui lisent sont plus heureux

PODCAST - Le comédien Philippe Torreton est l'invité du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux" à l’occasion de la parution de "Lettre à ce prof qui a changé ma vie", un ouvrage collectif en hommage à Samuel Paty.

L’assassinat de Samuel Paty, le 16 octobre dernier, est venu rappeler la place centrale qu’occupent les enseignants dans notre République. Pour leur rendre hommage, 20 personnalités ont accepté, à la demande des éditions Pocket et Robert Laffont, de participer à un ouvrage collectif baptisé Lettre à ce prof qui a changé ma vie – Enseigner la liberté. Dans le nouvel épisode du podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux", le comédien Philippe Torreton raconte qu’il ne serait pas devenu celui qu’il est aujourd’hui sans un certain Monsieur Désir.

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"Monsieur Désir, c’est un professeur que j’ai eu la chance de rencontrer en classe de cinquième, au collège Edouard Branly à Grand Quevilly, en Normandie", raconte-t-il. "Ce Monsieur était féru de théâtre et il avait fortement recommandé à mes parents, vu ma timidité maladive, de m’inscrire au club où il enseignait. Je faisais partie de ces millions d’élèves dans la moyenne dont on ne parle jamais. Et il pensait que ça me ferait du bien. Or pour mes parents, la parole d’un professeur quel qu’il soit n’était pas sacrée. C’était bien mieux que ça : la parole d’un professeur comptait. Et quelques jours plus tard, je me suis retrouvé sur une scène."

 

Dans sa lettre, Philippe Torreton souligne que cette nouvelle expérience n’a pas amélioré son bulletin de notes… Mais qu’elle a littéralement changé sa vie. "Le théâtre n’est pas un bon moyen pour devenir bon élève. C’est une reconquête de soi", insiste-t-il. "Grâce à lui, je me suis mis à chevaucher une drôle de bête : moi-même. Et puis c’est un lieu de mixité le théâtre. On y croise des filles et des garçons, des gens plus âgés, moins âgés. C’est ce que j’ai aimé d’emblée. Et c’est que j’aime toujours dans le théâtre."

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Lorsqu’on lui demande si le théâtre a un rôle à jouer pour apaiser les tensions dans l'école actuelle, Philippe Torreton s’enthousiasme : "Vous prêchez un convaincu ! J’en parlais récemment avec Robin Renucci qui œuvre pour le théâtre en milieu scolaire. Et si on rendait sa pratique obligatoire à l’école, sous quelle que forme que ce soit, en laissant une marge de manœuvre conséquente aux enseignants ? Pour moi il est absurde de libérer les jeunes dans le monde professionnel sans savoir prendre la parole et exposer son corps au regard des autres. Parce que toute la vie est faite de ça après."

 

Le jour de la mort de Samuel Paty, Philippe Torreton était en tournée en Belgique, où il jouait La vie de Gallilée de Bertold Brecht. "La représentation que nous avons donné le soir-même a été incroyablement chargée d’émotion", se rappelle le comédien. "Il faut dire que la vie de Gallilée, c’est le combat d’un homme contre l’obscurantisme religieux. A l’époque, c’était le catholicisme qui l’empêchait d’exposer ses découvertes. Au salut, j’ai tenu à dédier cette représentation à Samuel Paty. Spontanément les gens ont applaudi pour nous remercier d’avoir dit ces quelques mots tellement ce drame était présent en eux."

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