Marne : l'agriculteur en détention après avoir tiré sur un voleur remis en liberté, la question de la sécurité des campagnes en question

DÉCRYPTAGE - Dans sa chronique "Les indispensables", Claire Sergent s'est intéressée ce jeudi 13 février 2020 à la remise en question de la sécurité des campagnes après qu'un agriculteur ait tiré sur son cambrioleur.
Police

DÉCISION - Mis en examen pour tentative de meurtre sur un jeune homme qu'il soupçonnait de voler du carburant dans sa ferme, un agriculteur de 46 ans a été remis en liberté ce jeudi. 600 agriculteurs avaient défilé ce jeudi matin à Reims pour soutenir cette demande de remise en liberté.

Jean-Louis Leroux, un agriculteur marnais mis en examen pour tentative de meurtre après avoir grièvement blessé au fusil à plomb un jeune homme soupçonné de vol de carburant dans son exploitation, a été remis en  liberté jeudi, a appris l'AFP de sources concordantes. La chambre de l'instruction du tribunal de Reims a ainsi accepté sa demande de remise en liberté. L'homme mis en cause est désormais placé sous contrôle judiciaire, selon l'avocat général et son avocat, Gérard Chemla.

Ce jeudi matin à Reims, dans la Marne, près de 600 agriculteurs avaient manifesté leur soutien à l'agriculteur, poussant pour obtenir cette demande de remise en liberté, avec des banderoles où étaient inscrits les slogans : ""Ras le bol des vols", "Libérez Jean-Louis Leroux", ou encore "Stop à l'insécurité".

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Une quarantaine de vols chez l'agriculteur en 2019

Les agriculteurs s'étaient rassemblés non loin de la cour d'appel par des agriculteurs de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricole) de la Marne, initiatrice du rassemblement, de l'Aube et de viticulteurs du Syndicat général des vignerons (SGV). Un important dispositif de sécurité avait été déployé autour des manifestants. Dans la nuit du 31 janvier au 1er février dernier, Jean-Louis Leroux avait tiré au fusil à plomb sur un groupe de voleurs présumés de gasoil, blessant grièvement au ventre un jeune homme de 19 ans, aujourd'hui toujours dans le coma selon son avocat.

L'agriculteur avait été victime d'une quarantaine de vols en 2019 sur son exploitation d'Ambrières entre Vitry-Le-François (Marne) et Saint-Dizier (Haute-Marne). Le jeune homme grièvement blessé appartient à la communauté des gens du voyage. L'avocat général Jacques Louvier a justifié sa décision par le fait que l'agriculteur a trouvé un hébergement chez sa sœur, à 80km de la ferme où s'est produit le  drame. L'agriculteur, qui devra pointer à la gendarmerie deux fois par semaine, a interdiction de se rendre dans la Marne et d'entrer en contact avec les personnes liées au dossier.

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Un "mauvais signal" pour la famille de la victime

"En l'absence d'élément de proportionnalité à ce stade de l'enquête", le parquet de Reims n'avait pas retenu la légitime défense. Pour l'avocat de la victime, toujours dans le coma, Me Thomas Hellengrand, cette remise en liberté "est un mauvais signal et une caution donnée à une justice privée".

"Il regrette ce qui est arrivé, mais il a aussi la sensation d'être la vraie victime de tout cela. Cette sensation de harcèlement permanent, d'agression contre laquelle personne ne peut rien faire" indique Me Chemla à propos de son client. "Cinquante dépôts de plaintes en cinq ans, c'est énorme. A force, je pense qu'il en a eu marre et qu'il a fait le geste de trop", regrette un des manifestants présents lors de la marche de soutien jeudi. 

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