Accident de Millas : la conductrice n'aurait pas perçu la fermeture du passage à niveau, avancent les enquêteurs

Police
ACCIDENT DE MILLAS - Les enquêteurs du BEA, bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre viennent de rendre leur rapport final concernant l'accident de Millas, survenu en décembre 2017 et qui avait fait 6 morts et 18 blessés graves dans la collision entre un car scolaire et un train. Selon eux, le scénario le plus probable de cet accident est la "non-perception par la conductrice de l’état fermé du passage à niveau malgré la signalisation en place".

Les familles vont peut-être avoir des réponses précises à leurs questions. Les enquêteurs du bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre, le BEA-TT,  viennent de rendre leur rapport d'investigations techniques, d'une centaine de pages. Au terme d'une enquête de près de deux ans, consultable ici, le BEA-TT estime qu'"il n’y a pas eu de dysfonctionnement de la circulation ferroviaire, ni dans le déclenchement des équipements du PN 25".


 Il considère également que "la cause directe de cet accident est le non-arrêt de l’autocar au passage à niveau malgré les feux rouges clignotants et la barrière qui l’imposaient". Enfin, le scénario le plus probable, selon les enquêteurs, est la "non-perception par la conductrice de l’état fermé du passage à niveau malgré la signalisation en place". 

Ils expliquent que la conductrice connaissait l'existence de ce passage à niveau et qu'arrivée au "cédez-le-passage" et ce, jusqu'au passage à niveau, la vitesse était tout à fait adaptée. En fin de manœuvre, la conductrice devant tourner à gauche juste avant d'arriver au passage à niveau. Un geste qui a requis toute son attention, et qui aurait pu l'empêcher de percevoir l'activation du passage à niveau. 

Ils estiment par ailleurs que plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de cet accident. En premier lieu, le feu rouge clignotant à droite offrait une visibilité réduite de la signalisation lumineuse et "l'arrêt des sonneries du passage à niveau au moment où les demi-barrières étaient abaissées". Un arrêt qui n'a pas permis d'alerter la conductrice de l'abaissement des demi-barrières alors qu'elle manœuvrait. 


Pendant cette manœuvre,  ils estiment que la conductrice n'a sans doute pas vu les feux rouges clignotants et que le carrefour routier étant proche du passage à niveau, la manœuvre s'est faite dans un "environnement contraint". "La demi-barrière se trouvait ainsi dans l’angle mort à l’avant de l’autocar et n’était donc pas visible par la conductrice", écrivent-ils. 

La conductrice, une femme d'une quarantaine d'années s'était dite "dévastée" par la mort de six des 23 collégiens qu'elle transportait. Elle avait été mise en examen moins d'une semaine après l'accident survenu le 14 décembre 2017 pour homicides et blessures involontaires par imprudence. 


Début avril, Me Jehanne Collard avait souhaité la mise en examen du médecin traitant de la conductrice pour "administration abusive d'un somnifère". Le parquet n'avait pas été saisi mais avait rappelé que la mise en cause du somnifère Zopiclone a "déjà été évoquée dans le dossier d'instruction". 


Selon l'avocate, qui défend les familles de trois des six collégiens tués, le médecin traitant porte "une responsabilité pénale" pour avoir prescrit pendant deux ans ce somnifère à la conductrice. La notice du Zopiclone en limite la durée d'administration à deux mois et prévient qu'il peut affecter les réflexes de conduite. 

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