Accident mortel de manège dans l'Oise : le gérant du parc d'attractions mis en examen

La zone du parc où se situe l’attraction a été fermée.

JUSTICE - Le propriétaire et gérant du parc d'attractions Saint-Paul, dans l'Oise, a été mis en examen pour homicide involontaire ce mercredi 8 juillet , après la mort samedi d'une femme éjectée d'un manège de type montagnes russes.

Après l'accident de manège mortel qui a coûté la vie à une femme, éjectée de l'attraction, dans un parc de l'Oise, son président, Gilles Campion, a été entendu par les enquêteurs, ce mercredi 8 juillet, dans le cadre d'une garde à vue. Il a ensuite été mis en examen pour homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence, indique ce jeudi, le procureur de la République de Beauvais, Florent Boura. Gilles Campion a été laissé libre, sans contrôle judiciaire : une mise en examen qui le satisfait : "elle nous permettra d'avoir accès au dossier pour nous défendre correctement", a-t'il déclaré à l'AFP. 

Des voitures sans ceinture de sécurité

Samedi 5 juillet, en début d'après-midi, une femme de 32 ans, originaire de l'Eure et venue au parc en famille, est morte après une chute de plusieurs mètres, éjectée de la voiture dans laquelle elle se trouvait dans un virage du Formule 1, sorte de "roller-coaster". Une expertise du manège "a mis en évidence que la victime avait chuté malgré le fonctionnement apparemment normal de la barre de sécurité." Un contrôle technique de sécurité réalisée en novembre 2019 par une société agréée "n’avait donné lieu à aucune observation concernant le bon fonctionnement du manège ou sa sécurité."

"L’expertise et les auditions du personnel du parc d’attractions ont cependant permis de découvrir que des ceintures de sécurité, installées dans le manège à la suite d’un précédent accident mortel en 2009, avaient été retirées juste avant la réouverture, début juin, du parc", poursuit le magistrat. "Selon l’expert, les ceintures auraient permis d’éviter que les personnes de forte corpulence, comme la victime, ne soient éjectées du manège", rapporte le procureur. "Par ailleurs, l’expert a pu relever que le premier cran de chaque barre de sécurité avait été meulé, de façon à ne pas permettre l’accès au manège aux personnes de très forte corpulence."

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Au cours de sa garde à vue, Gilles Campion "a reconnu avoir fait retirer les ceintures de sécurité dont il estime qu’elles ne constituaient pas un réel élément de sécurité et dont il a indiqué qu’il avait fait procéder à leur installation sans qu’aucune instruction ni recommandation en ce sens ne lui soit adressée", a indiqué le Parquet. Il a reconnu également "avoir pris la décision de faire meuler les premiers crans des crémaillères de sécurité et indiqué que l’objectif était d’interdire l’accès aux personnes les plus fortes". Or "ces modifications des dispositifs de sécurité auraient dû conduire en tout état de cause le gestionnaire du Parc Saint-Paul à solliciter un nouveau contrôle de sécurité", ce qu'il n'aurait pas fait.

Ce n'est pas la première fois que des accidents de ce type se produisent. En 2009, un accident sur cette même attraction avait déjà fait une victime, une femme de 35 ans tuée après avoir été éjectée et chuté d'une dizaine de mètres. La direction du parc avait été mise hors de cause à l'issue de l'enquête. A l'été 2005, quelques semaines seulement après sa mise en service, onze personnes avaient été légèrement blessées lorsqu'une voiture avait percuté deux autres voitures à l'arrêt après une défaillance des freins. Gilles Campion a précisé qu'il souhaitait démanteler ce manège quand l'enquête sera terminée.

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