Accident sur l'A7 : d'autres témoignages troublants sur les pannes du moteur Renault

Accident sur l'A7 : d'autres témoignages troublants sur les pannes du moteur Renault
Police

FAIT DIVERS - L'accident de voiture qui a coûté la vie à cinq enfants lundi dernier sur l'A7 dans la Drôme a très probablement été causé par la casse du turbo du véhicule, provoquant un emballement du moteur puis son embrasement. Selon l'avocat du conducteur, survivant du drame, le défaut avait été pointé du doigt et le constructeur, déjà condamné.

Le constructeur Renault sera-t-il poursuivi à l'issue de l'enquête sur cette terrible affaire? Après le drame qui a coûté la vie à cinq enfants âgés de 3 à 14 ans sur l'autoroute A 7 à hauteur d'Albon dans la Drôme, le parquet de Valence indiquait que selon les premières conclusions de l'expert judiciaire mandaté, l'accident avait été très probablement causé par la casse du turbo du véhicule, un monospace Renault Scénic, et que cette casse aurait ensuite provoqué un emballement puis l'incendie du moteur et même peut-être de l'habitacle. 

Dès la connaissance de ces premiers résultats, Me Nicolas Cellupica, avocat du conducteur du véhicule toujours hospitalisé dans un état grave comme trois autres personnes dont un enfant, a fait savoir qu'il envisageait de porter plainte contre le constructeur. 

L'avocat indique en effet avoir reçu des dizaines d'appels, de témoignages écrits ou oraux de personnes déclarant avoir connu le même problème avec le turbo de leur véhicule. "L'UFC-Que Choisir avait alerté dès 2006 sur les dysfonctionnement de ce moteur Renault Scenic, précise -t-il. Il y a même de la jurisprudence qui condamne Renault pour vice caché sur cette pièce du moteur".

"Encore une Renault"

Une simple recherche avancée sur un moteur de recherche avec les mots "Renault ", "Turbo "et "Diesel" permet de trouver des dizaines de messages sur les forums automobiles.  En 2009, Liliyo, propriétaire d'une Renault Mégane écrit sur le forum d'Autoplus " Notre voiture s'est littéralement enflammée sur l'autoroute, le turbo ayant aspiré de l'huile et le moteur s'étant emballé... A deux doigts du drame, nous avons dû faire caler le moteur pour que la fumée s'estompe et que les flammes s'arrêtent. L'issue aurait pu être catastrophique... et ho! surprise, le patrouilleur, les pompiers et gendarmes et enfin le dépanneur (Renault!) de nous dire "Encore une Renault".

En 2010, sur le même forum, Rin 49qk, propriétaire d'un SCENIC II turbo diesel 1.9 DCI 120 cv  écrit : "VEHICULE A RISQUE. Danger de mort, Samedi 24 juillet à 14h10 sur l'A31 au niveau de Dijon. Subitement manque de puissance et vitesse passée de 130 à 110 km/h. Pourtant rien de signalé sur l'ordinateur de bord. Ensuite fumée à l'arrière. Je me gare sur la bande d'arrêt d'urgence. Le moteur s'est emballé. Impossible d'arrêter le moteur. Résultat des courses : moteur, turbo et radiateur à changer".  

En 2013, sur Fiche auto, Manuelle, propriétaire d'un Grand Scénic Bose écrit :" 1er avril (non, c'est pas une blague) fumée grise par pot d'échappement. Voiture en panne, à 200 km de chez nous. Changement bobines, pas d'effet, puis bougies, rien. Finalement, c'est le turbo qui a lâché, consommation huile +++ et plein de jeu. On décide de faire réparer, le turbo est changé". 

Et les messages relatant ce genre d'événement sont nombreux.

Renault condamné en 2017

Concernant la jurisprudence évoquée par Me Cellupica, une affaire est effectivement relatée en 2017 dans la presse spécialisée, avec une condamnation de Renault pour "vice caché.

"Propriétaire d’un Scénic II acheté d’occasion 9 200 € en 2008, Jean-Louis, un habitant de l’Isère, tombe en panne en janvier 2012, moteur 1.9 Dci cassé. Le dépanneur appelé sur place n’est pas surpris : 'C’est un défaut courant sur ce genre de véhicule !'

Monté jusqu’en 2004 sur nombre de modèles Renault, le moteur Diesel 1.9 Dci a montré des défauts de fiabilité. Le constructeur avait minimisé le problème avant d’être condamné à rembourser le véhicule d’un client pour vice caché', lit-on ainsi sur 60 millions de consommateurs.

Concernant le drame de l'A7 survenu le 20 juillet dernier, les conclusions ne sont toutefois pas définitive et il convient pour l'instant de rester prudents sur les causes de l'accident.

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