Actes antisémites : la haine au quotidien

Actes antisémites : la haine au quotidien
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HAINE ORDINAIRE - Depuis le début du mois de février, plusieurs actes et insultes antisémites médiatisés ont suscité une vague d'émotion à travers le pays. Toutefois, selon le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVA), ces événements sont malheureusement quotidiens. Exemple : les plaintes déposées ce mercredi en Ile-de-France et dont LCI a pu prendre connaissance.

Tag sur la vitrine d'un restaurant, portrait de Simone Veil dégradé, Alain Finkielkraut insulté, cimetière alsacien profané, ces dernières semaines, plusieurs actes antisémites ont malheureusement fait la une de l'actualité. Constat amer, ces événements médiatisés ne semblent constituer que la partie émergée de l'iceberg.  


Pour preuve, au Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), les signalements sont quotidiens. "Les actes antisémites  en France, ça n’a rien d’exceptionnel, c’est tous les jours !, nous indique René Lévy qui travaille dans cette organisation créé en 2002 afin de lutter contre ce phénomène. Des appels, des mails, on en a en moyenne trois par jour, c'est ça la réalité". 


Pour preuve de ce triste constat, les plaintes déposées en Ile-de-France pour la seule journée mercredi et dont LCI a pris connaissance ce jeudi matin. En un seul mail, près d'une dizaine d'actes répertoriés, en sachant que cette liste pourrait être plus longue. En effet, d'autres cas nous ont été rapportés, mais sans forcément un dépôt de plainte à la clé...

"Tu es destinée à finir gazée"

Quelques exemples : 


- A  9 heures, le concierge d’un immeuble de Bagneux a composé le 17  après avoir constaté des inscriptions à caractère antisémite dans le hall. Au marqueur noir, il était écrit : " Nique les juifs ! Les juifs poisons du monde ". Cinq croix gammées ont aussi été inscrites. Ainsi que l’immatriculation de deux plaques de véhicules sérigraphiés de la police locale et une phrase d'insultes "Nique la police !".


- A 9h30 ce même-jour, une employée de la mairie du 4e arrondissement de Paris, a déposé plainte après avoir constaté que dans la nuit de lundi à mardi, un post sur twitter avait mis en avant une photo présentant une affiche collée sur le mur d’un gymnase. Sur l’affiche : un sac en papier blanc à motif à carreaux de couleurs rouges, arborant six étoiles de David et un message: "Sous Vichy, il fallait se tenir à carreau". L’affiche a été retirée à 10 heures mercredi. Ariel Weil, maire du 4e, a exprimé son indignation.

- Vers 20 heures, à la Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), un père et sa fille âgée de 16 ans, de confession juive, ont porté plainte au commissariat local après que la jeune fille a trouvé dans la boîte aux lettres un courrier, lui étant destiné, sur lequel il était notamment écrit : " T'es une petite juive de merde et tu es destinée à finir gazée comme tes ancêtres ou mourir sous les coups des puissants". Trois jours plus tôt, sur la porte d’entrée de son domicile, une croix gammée avait été dessinée. 


Pour chacun de ces faits - et les autres recensés - une enquête a été ouverte.

Après les annonces, des effets attendus

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme n’est malheureusement pas étonné par l’ampleur du phénomène : "Le temps que vous écriviez votre article, d’autres faits auront été signalés", prédit René Lévy. Et il ne s'est pas trompé : un journaliste de l’AFP a posté en fin de matinée plusieurs photos d’insultes antisémites constatées rue d’Alésia, dans le 14e arrondissement de Paris. La maire de la ville, Anne Hidalgo, a réagi en début d'après-midi.

Autant de nouveaux actes qui renvoient urgemment aux promesses faites mercredi par Emmanuel Macron, lors du dîner annuel du Crif. Le chef de l'Etat y a notamment annoncé une loi pour lutter contre la haine sur internet.

"Le Président a fait des annonces, on espère qu’elles seront suivies d’effets, veut croire rené Lévy, un brin fataliste. "Beaucoup de choses ont été promises aux juifs de France, quand il y a eu des affaires médiatiques ou après de grandes mobilisations, comme mardi place de la République. Sur le moment, tout le monde est là, et après, plus rien. On espère que ces paroles ne seront pas des paroles en l’air." En attendant, "l’antisémitisme du quotidien" perdure. 

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