Affaire Adama Traoré : les juges ordonnent une nouvelle expertise médicale

Affaire Adama Traoré : les juges ordonnent une nouvelle expertise médicale
Police

JUSTICE - C'est un épisode judiciaire de plus dans l'affaire Adama Traoré. Ce vendredi, les avocats des gendarmes indiquent qu'une nouvelle expertise médicale a été décidée. Elle a été confiée à des médecins belges.

Les juges d'instruction chargés de l'affaire Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes et érigé en symbole des violences policières, ont "demandé une nouvelle expertise médicale" ont annoncé vendredi les avocats des gendarmes.

"Suite à l’audition" par les juges d'instruction le 2 juillet "du témoin chez qui Adama Traoré s'était réfugié, (les magistrats enquêteurs) ont décidé, par ordonnance (vendredi) de procéder à une nouvelle mesure d’expertise médicale confiée à des médecins belges", se félicitent Me Rodolphe Bosselut, Pascal Rouiller et Sandra Chirac Kollarik, avocats des gendarmes, dans ce communiqué.

"Hypothermie maligne"

"Les gendarmes se félicitent de la teneur de la mission d’expertise qui pose notamment l’hypothèse de l’hyperthermie maligne au regard d’éléments troublants qui avaient déjà été mis en exergue par eux dans le cadre des précédentes expertises judiciaires, ajoutent-ils. De la même façon, la mission d’expertise évoque l’état de faiblesse d’Adama Traoré à son arrivée dans l’appartement du témoin, qui a été conforté par ledit témoin lors de sa récente audition du 2 juillet dernier, Adama Traoré lui ayant indiqué au sol : 'je vais mourir '."

L'hyperthermie maligne (HM) d'effort se produit au cours ou juste après un exercice physique intense et prolongé, et associe une altération de la conscience et une hyperthermie sévère (température supérieure à 39°C).  Cette thèse de l'hyperthermie comme l'une des causes de la mort d'Adama Traoré est défendue de longue date par ces avocats des gendarmes : pour l'étayer, la défense se réfère notamment à la température de cet homme deux heures après son décès, à 39,2°C un jour de canicule, et sur le témoignage du témoin chez qui il s'est réfugié.

Me Rodolphe Bosselut, Pascal Rouiller et Sandra Chirac Kollarik, avocats des gendarmes, précisent également que "les gendarmes saluent enfin le choix de médecins internationaux, ce qui est de nature à réduire la pression médiatique entretenue par la communication tous azimut des parties civiles et à permettre un déroulement serein des opérations d’expertise".

"Faire traîner en longueur la procédure judiciaire"

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Contacté par LCi après l'annonce de cette nouvelle expertise médicale, Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille Traoré réagit : " Après avoir sélectionné des médecins français incompétents, les juges d'instruction sont allés chercher des médecins belges incompétents -aucun des médecins n'est véritablement spécialiste des pathologies en cause dans le dossier-.  Il existe pourtant dans le dossier deux expertises réalisées par des vrais spécialistes des pathologies en cause et qui indiquent clairement que le décès d'Adama Traore a été causé par le plaquage ventral des gendarmes. La technique qui consiste à faire traîner en longueur la procédure judiciaire dans les affaires mettant en cause les forces de l'ordre est régulièrement dénoncée par la Cour européenne des droits de l'homme".

Quatre ans après la mort du jeune homme, l'affaire Adama Traoré, revenue sur le devant de la scène médiatique récemment suite au décès aux Etats-Unis de George Floyd, a viré sur le plan judiciaire à une bataille d'expertises médicales. Les sept experts missionnés par la justice ont jusqu'ici mis en avant des antécédents médicaux -notamment cardiaques et génétiques - pour expliquer ce décès, dédouanant ainsi les gendarmes. Les rapports de quatre médecins choisis par la famille ont au contraire balayé ces conclusions et mis en cause les forces de l'ordre à qui ils reprochent un "plaquage ventral" aux conséquences mortelles, les gendarmes contestant avoir utilisé cette technique.

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