Affaire Benalla : un certificat médical "antidaté" va-t-il fragiliser l'accusation?

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FAUSSE DÉCLARATION - Le docteur qui a délivré le document évaluant les blessures supposées du jeune homme molesté par l'ex-collaborateur de l'Elysée a admis devant la police l'avoir antidaté, selon des informations publiées par le JDD.

C'est une faille qui affaiblit les accusations du couple de manifestants molesté par Alexandre Benalla le 1er Mai place de la Contrescarpe. Le certificat médical d'une des victimes présenté à la justice pour nourrir les accusations contre l'ex collaborateur de l'Elysée, aurait été établi bien plus tard selon les enquêteurs, alors que le scandale battait déjà son plein. 


Le 22 juillet, Alexandre Benalla avait été mis en examen pour "violences en réunion n'ayant pas entraîné d'incapacité temporaire de travail" (ITT), sur la base des images le montrant en train de rudoyer un couple en marge d'une manifestation du 1er-Mai place de la Contrescarpe à Paris. Mais l'avocat des deux jeunes gens réclamait depuis une aggravation des charges pesant sur ce dernier au vu des blessures supposées de ses clients. Il avait produit à cet effet un certificat médical du médecin généraliste traitant de Georgios D., qui évaluait à six jours les ITT du jeune homme.

"C'était vraiment très léger"

Dans ce document, daté du 11 mai, le docteur "évoque des traces de coup sur la poitrine et une raideur cervicale", avait déclaré Me Sahand Saber sur Europe 1 le 25 juillet. Seulement, "la médecin qui l'a délivré a admis devant la police avoir antidaté le document", écrit le Journal du Dimanche qui révèle l'information. Georgios D, 29 ans, a bien consulté son médecin le 11 mai mais est ressorti du cabinet médical sans certificat. 


Comment alors a-t-il pu fournir à la justice un document daté du 11 mai ? Confronté à cette contradiction, la généraliste, auditionnée par la police, relate une seconde visite. "Il est venu me voir le 23 juillet en m'expliquant qu'il était impliqué dans l'affaire Benalla et que son avocat lui demandait un certificat médical. Je le reçois rapidement et je lui fais le certificat que vous avez". Elle y inscrit que son patient présente des traces de coups sur la poitrine. Mais elle confie aux enquêteurs que "de mémoire, il s'agit de petits traits. C'était vraiment très léger". Le 14 mai, lors d'un nouveau rendez-vous, le médecin lui avait prescrit des anti-inflammatoires et établi un certificat d'arrêt de travail, notant qu'il s'était "bloqué le dos" la veille "en prenant sa douche", selon le JDD.

Mea culpa

Au terme de son audition, la généraliste a fait son mea culpa. "Je n'aurais pas du rédiger ça à la va-vite, c'était un lundi et une grosse journée pour moi. Je reconnais mon erreur", a-t-elle indiqué aux enquêteurs, selon le JDD. Une confession inattendue qui ne devrait pas manquer de nourrir la défense d'Alexandre Benalla. Outre les violences en réunion, ce dernier est aussi mis en examen pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel".  Il a été interrogé pour la première fois sur le fond par les juges d'instruction le 5 octobre au tribunal de Paris.


L'avocat du manifestant a ce dimanche pointé la responsabilité du médecin. "Georgios n'ayant pas eu copie des ces constatations, il est retourné la  voir le 23 juillet, elle a cherché dans ses archives et elle lui a imprimé ce certificat", a dit Me Sahand Saber, sollicité par l'AFP. "A aucun moment, il ne pensait se faire remettre un document antidaté, il pensait que c'était une copie", a-t-il fait valoir.  Parties civiles dans ce dossier, Georgios D., 29 ans, et sa compagne de 30 ans, Chloé P., ont été auditionnés le 19 septembre par les juges d'instructions. Devant les magistrats, ils ont reconnu des jets de projectiles - une carafe d'eau et un cendrier - vers les CRS, à l'origine de leur interpellation musclée. Placés en garde à vue pour ces faits le 2 octobre, ils sont convoqués au tribunal correctionnel pour être jugés pour "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique". 

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