Affaire Grégory : menacée de mort par un corbeau à deux reprises, Murielle Bolle a porté plainte

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FAIT DIVERS - Murielle Bolle , "témoin clé" dans l'affaire Grégory, a été menacée de mort à deux reprises fin 2019. Deux lettres anonymes lui ont été adressées motivant cette dernière a se rendre chez les gendarmes pour porter plainte.

La sortie du documentaire "Grégory" le 20 novembre 2019  sur Netflix est-elle le déclencheur de ces événements? Juste avant les fêtes de Noël, Murielle Bolle, témoin clé dans l'affaire Grégory a en effet reçu deux lettres la menaçant de mort. 

Les missives, anonymes, ne sont pas arrivées à son domicile mais chez son ancien compagnon, Yannick Jacquel, avec lequel elle a vécu 20 ans et eu un fils. Dans ces deux courriers manuscrits, de deux pages chacun, un mystérieux corbeau menace Murielle Bolle: "Je vous laisse passer les fêtes, mais il n’y en aura pas d’autres", "En 2020, vous passerez aux aveux", écrit-il selon les extraits révélés par Le Monde le week-end dernier. 

Outre ces mots sans équivoque, les deux lettres se terminent par un même dessin, qui lui non plus ne laisse de place à aucune ambiguïté. Il représente en effet un réveil qui fait 'tic-toc', comme un compte à rebours pour celle qui avait désigné son beau-frère Bernard Laroche comme auteur du meurtre de l'enfant de 4 ans en 1984, avant de se rétracter... 

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Après ces menaces, Murielle Bolle n'a pas souhaité en rester-là. La quinquagénaire est allée déposer une plainte à la gendarmerie de Bruyère le 21 décembre, quatre jours avant Noël. 

"Un certain nombre de détails me font penser que c’est quelqu’un qui me connaît", aurait-elle confié aux enquêteurs selon les propos rapportés par Le Monde.  Le quotidien mentionne également que l’auteur des courriers citerait dans les pages manuscrites la marque de la voiture de Murielle Bolle et ferait allusion au bar d’un village où elle aurait ses habitudes... 

Dans un communiqué, Nicolas Heitz précise qu'au total, quatre courriers "menaçants" ont été adressés à Murielle Bolle et que ces derniers ont été postés "entre le 30 novembre et le 9 décembre 2019". "Le parquet d'Epinal confiait l'enquête préliminaire du chef de menaces de délits contre les personnes dont la tentative est punissable à la brigade de recherches de de la compagnie de gendarmerie de Saint-Dié-des_Vosges. Les courriers étaient saisis et par les enquêteurs et en cours d'exploitation", précise le procureur de la République d'Epinal Nicolas Heitz.

Le 16 janvier dernier, la cour d'appel de Paris a annulé la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans l'enquête sur la mort de Grégory Villemin dans les Vosges. La chambre de l'instruction de la cour d'appel n'a en revanche pas annulé les déclarations que l'adolescente, alors âgée de 15 ans, avait faites aux gendarmes avant le début officiel de cette garde à vue, ni son interrogatoire devant le juge Jean-Michel Lambert quelques jours plus tard.

Placée en garde à vue quelques jours après la mort de Grégory Villemin, retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984 à l'âge de quatre ans, Murielle Bolle avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d'avoir kidnappé le garçonnet en sa présence. L'adolescente avait ensuite répété ses propos devant le juge d'instruction, avant de se rétracter en dénonçant la pression des gendarmes. Elle n'a depuis cessé de clamer l'innocence de Bernard Laroche, abattu par le père du "petit Grégory", Jean-Marie Villemin, en 1985.

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Une semaine après cette annulation, le 22 janvier,  l'un des avocats des parents du "petit Grégory", dont l'assassinat en 1984 dans les Vosges n'a toujours pas été élucidé, a lancé "un appel à témoins" pour que "les gens qui savent parlent".

"Je suis convaincu que des gens savent dans la région de Lépanges-sur-Vologne", village des Vosges où vivaient Grégory et ses parents, a déclaré Me Thierry Moser. "Nous espérons qu'il y aura des gens dont la conscience va se réveiller et qui vont effectivement donner des informations à la justice", a-t-il ajouté.

"Nous faisons appel à leur sens moral, à leur civisme, c'est quand même un gamin de 4 ans" qui a été assassiné, a insisté l'avocat mulhousien de Christine et Jean-Marie Villemin, les parents de Grégory. Selon Me Moser, cet appel à témoins n'est pas celui de la "dernière chance" : "c'est faux et archi faux (...) je peux vous dire que nous avons dès à présent, et je pèse mes mots, des éléments très sérieux et très intéressants dans ce dossier" qui "peuvent s'avérer fructueux" et "me donnent bon espoir", a-t-il souligné.

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