Affaire Matzneff : un "appel à témoins" lancé pour retrouver des victimes de l'écrivain accusé de pédophilie

Affaire Matzneff : le procureur lance un appel à témoins

JUSTICE - Le procureur de la République de Paris Rémy Heitz a annoncé le lancement, mardi 11 février, d'un "appel à témoins" dans le cadre de l'affaire Gabriel Matzneff, accusé de viol par l'écrivaine Vanessa Springora, alors qu'elle était mineure. Il souhaite par là que les victimes oubliées puissent prendre la parole.

Encourager la libération de la parole. Le procureur de Paris Rémy Heitz a annoncé sur Europe 1 mardi 11 février, qu'un "appel à témoins" va être lancé dans la journée pour retrouver des "victimes" dans le cadre de l'enquête ouverte pour viols sur mineur de moins de 15 ans visant l'écrivain Gabriel Matzneff, dont les agissements présumés sont relatés par Vanessa Springora dans le livre Le Consentement (éditions Grasset) paru le 2 janvier dernier. Dans son ouvrage, l'éditrice de 47 ans décrit la relation d'emprise que le prix Renaudot Essai 2013 a entretenue avec elle, alors qu'elle avait à peine 14 ans et lui, 50 ans.

"Un appel à témoins sera lancé aujourd'hui par le service de police que nous avons missionné pour les investigations", l'Office central de répression des violences faites aux personnes (OCRVP), a déclaré le procureur de Paris, alors que les faits dénoncés par l'écrivaine dans son roman autobiographique ayant conduit à l'ouverture de cette enquête contre Matzneff sont prescrits.

Les victimes peuvent notamment se faire connaître par mail en écrivant à l'adresse temoignage-ocrvp@interieur.gouv.fr ou par téléphone au 06.83.67.43 57.

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L’affaire Gabriel Matzneff, écrivain accusé de pédocriminalité

Le 3 janvier dernier, à l'annonce de l'ouverture de l'enquête préliminaire, le procureur de Paris Rémy Heitz avait rappelé "au-delà des faits décrits par Vanessa Springora" que les investigations menées par l'OCRVP devaient s'attacher "à identifier toutes autres victimes éventuelles ayant pu subir des infractions de même nature sur le territoire national ou à l'étranger."

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Faire en sorte "qu'il n'y ait pas de victimes oubliées"

Outre la vérification de la prescription des faits, c'est "la vérité pour les victimes" qui sera recherchée, "pour qu'il n'y ait pas de victimes oubliées", a poursuivi Rémy Heitz, évoquant la libération de la parole au sens général. "Nous avons cette démarche à la fois pour les victimes connues, pour celles qui publient des ouvrages sur ce qu'elles ont vécu, mais nous le faisons aussi quotidiennement et depuis très longtemps pour l'ensemble des victimes, parfois plus anonymes, qui se manifestent et qui nous saisissent", a déclaré le procureur de Paris.

"Même si [les victimes] ne nous saisissent pas, nous sommes parfois amenés à nous auto-saisir de ces faits extrêmement graves lorsqu'ils ont été commis sur des mineurs." Mais au-delà de cette possibilité d'auto-saisine, le procureur encourage "vraiment" à "en parler". Il ne faut "surtout pas hésiter à se diriger vers un service de police, vers la justice, pour que des investigations puissent être menées." 

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