Mort d'Elisa Pilarski : le procureur livre de nouveaux éléments sur son chien Curtis

Mort d'Elisa Pilarski : le procureur livre de nouveaux éléments sur son chien Curtis

FAIT DIVERS - Un peu plus de trois mois après la mort d'Elisa Pilarski, jeune femme de 29 ans après avoir été mordue par des chiens en forêt de Retz (Aisne), le procureur de la République de Soissons a donné pour la première fois ce lundi des détails sur Curtis, le chien qu'elle promenait ce jour-là.

C'est une triste affaire qui, depuis maintenant plus de trois mois, alimente les discussions, suscite  les polémiques et ravive chaque jour le chagrin des proches de la victime. Alors que l'on ignore toujours quels sont les chiens qui ont mortellement mordu Elisa Pilarski, jeune femme de 29 ans enceinte de six mois, le 16 novembre 2019 en forêt de Retz à hauteur de la commune de Saint-Pierre Aigle dans l'Aisne, la procureur de la République de Soissons, Frédéric Trinh, s'est exprimé lundi par voie de communiqué. 

Les sujets récurrents dans les médias et la pression de l'opinion publique sont sans doute à l'origine de la communication du magistrat qui ne souhaitait pas prendre la parole sur cette affaire, du moins tant que les résultats des prélèvements ADN et salivaires effectués sur 67 chiens - cinq appartenant à Elisa Pilarski et à son compagnon Christophe Ellul et 62 appartenant au Rallye de la passion qui organisait une chasse à courre ce jour-là - n'étaient pas connus.

"Il est rappelé qu’à ce stade des investigations, alors qu’il n’existe aucune certitude sur le déroulement précis des faits qui ont conduit au décès de Madame Pilarski,  l’institution judiciaire tient à ce que soit respectée la demande de la famille de la défunte auprès du juge d’instruction et qu’il soit fait preuve de circonspection dans les modalités de communication", insiste Frédéric Trinh. Ce dernier livre dans son communiqué de nouveaux éléments, concernant Curtis notamment, croisé lévrier whippet et patterdale terrier appartenant au couple et qu'Elisa Pilarski promenait ce jour-là.

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Deux vétérinaires saisis

"Le rapport d’autopsie a confirmé que le décès d'Elisa Pilarski était survenu suite à un choc hémorragique consécutif à de multiples plaies, dont les caractéristiques suggéraient l'action d'un, ou plus probablement de plusieurs chiens au regard de la répartition des plaies, de leurs différences de morphologies et de leurs profondeurs, sans qu’il soit possible de dénombrer les animaux en raison des nombreuses morsures intriquées dans une même zone. Le légiste a situé l'heure du décès aux environs de 13h30 avec un intervalle de confiance de 2 heures", rappelle le procureur. 

Le magistrat précise que la juge d'instruction "a saisi deux vétérinaires aux fins de réaliser une expertise comportementale du chien Curtis et une analyse des morsures constatées sur le corps d'Elisa Pilarski pour déterminer la race du ou des chiens en cause." Il ajoute qu'elle a "par ailleurs saisi un expert en chasse aux fins d'apporter un éclairage sur le déroulement de la chasse à courre organisée à proximité."

"Excoriations cutanées sur le museau et le chanfrein" de Curtis

Selon le rapport établi par vétérinaire qui a examiné Curtis, le molosse présentait après le drame "plusieurs excoriations cutanées [écorchures, ndlr] sur son museau et le chanfrein [entre la truffe et les yeux, ndlr]". 

Frédéric Trinh confirme en outre que "deux incidents de comportement ont été relevés postérieurement au décès de sa maîtresse : deux personnes ont ainsi été saisies par les vêtements pendant l’analyse comportementale tandis qu’une autre personne a été mordue dans la fourrière où le chien est gardé".

Les défenseurs de l'animal, comme Chrisophe Ellul, ont toujours rejeté l'hypothèse selon laquelle Curtis puisse être à l'origine de la mort d'Elisa. Ses blessures? Il les aurait subies, selon eux, en tentant de défendre sa maîtresse attaquée par des chiens. Son comportement après la mort de la jeune femme de 29 ans ? Il serait lié à un post-trauma après l'événement tragique survenu le 16 novembre 2019 dans la forêt. 

Du côté du Rallye de la passion, qui organisait la chasse à courre ce jour-là, on défend aussi ses troupes. Les chasseurs ont en effet répété qu'aucun des chiens présents ce jour-là ne présentaient de blessures ou de traces de sang pouvant les lier, d'une manière ou d'une autre, à ce drame. Pour eux, jamais des chiens de chasse ne se seraient attaqués à un être humain. 

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Les résultats des analyses très attendus

Lassé des accusations dans la presse à l'encontre de son chien Curtis, Christophe Ellul avait, la semaine dernière, posté un long message sur Facebook pour le disculper notamment d'une morsure qu'il aurait faite à Elisa quelques mois avant sa mort. 

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Son avocat s'est dit, lui, très étonné d'apprendre par voie de presse que les prélèvements effectués sur les 67 chiens naient jamais été analysés par le laboratoire désigné car... Trop chers. 

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"Plusieurs laboratoires d’expertise génétique ont été contactés pour réaliser des devis concernant la recherche d'ADN animal sur le corps d'Elisa Pilarski et pour comparer les éventuelles traces retrouvées avec les prélèvements effectués sur les chiens. Au regard des coûts, des modalités d’exécution des missions demandées et des délais de retour proposés, un laboratoire a été retenu par le juge pour procéder aux analyses dont les conclusions sont attendues pour la fin du premier semestre 2020", détaille le procureur.

Le magistrat rappelle enfin que "les auditions du compagnon de la défunte et du maître de l'équipage Rallye de la passion ont été réalisées les 11 et 12 février 2020".  Il ajoute : "Ce dernier a été placé sous le statut de témoin assisté à l’issue de son audition par le magistrat instructeur. Le 12 février 2020 un transport sur les lieux du décès a également été organisé en présence des parties et de leurs avocats pour mieux comprendre le déroulé des faits et déterminer les actes d'enquête complémentaires à réaliser".

Dans un message posté sur Facebook le 2 février, Christophe Ellul écrivait à Elisa Pilarski et à l'enfant qu'elle portait : "Je me battrai jusqu'au bout pour trouver les coupables et protéger Curtis. Je sais que des gens savent forcément quelque chose, si vous avez une âme, une conscience, vous pouvez contacter de façon anonyme mon avocat Maître Alexandre Novion". Les investigations se poursuivent. 

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