Affaire Pilarski : les prélèvements ADN effectués sur les chiens toujours pas envoyés au laboratoire ?

Affaire Pilarski : les prélèvements ADN effectués sur les chiens toujours pas envoyés au laboratoire ?

JUSTICE – Un peu plus de trois mois après la mort d’Elisa Pilarski, la jeune femme décédée après avoir été mordue par des chiens en forêt de Retz, les prélèvements ADN effectués sur 67 canidés n’auraient toujours pas été analysés. Jugés trop chers selon Franceinfo, ils ne seraient même pas arrivés au laboratoire…

"Je suis effaré. Je ne peux pas croire que ce soit vrai. Si les prélèvements ADN et salivaires des chiens n’ont effectivement pas quitté les scellés et n’ont pas été envoyés au laboratoire, c’est très grave", confie ce jeudi à LCI  Me Alexandre Novion, avocat de Christophe Ellul, compagnon d’Elisa Pilarski.  Selon Franceinfo, ces prélèvements seraient "toujours dans les placards de l’identité judiciaire dans l’attente d’être envoyés à un laboratoire privé", car "le coût des analyses serait supérieur à 100 000 euros. Une facture jugée un peu excessive par la justice, même en matière criminelle".

Me Novion indique à LCI avoir eu le compagnon d’Elisa Pilarski ce jeudi matin au téléphone, un peu plus de trois mois après la mort de la jeune femme. "Christophe Ellul est complètement abattu, il est effondré. Cette nouvelle, si elle est confirmée, nous inquiète au plus haut point. Ces expertises ADN avaient été dès le départ annoncées publiquement comme étant un élément des investigations absolument prioritaires. Nous pensions même que c’était une histoire de quelques jours. Puis ces expertises paraissaient évidentes parce que Christophe Ellul a toujours dit que sa compagne l’avait appelé peu avant sa mort,  à 13h19, en lui disant qu’elle était en train de se faire mordre par des chiens à la jambe et au bras. C’était un appel au secours. Aujourd'hui, seules ces analyses ADN peuvent permettre d'identifier les chiens mordeurs et de savoir qui, des chiens de chasse à courre ou des autres, a entraîné la mort d'Elisa Pilarski. C'est tout l'intérêt de ces analyses". 

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Le  16 novembre 2019, le corps sans vie d’Elisa Pilarski avait été retrouvé vers 15 heures en forêt de Retz dans l’Aisne. L’autopsie réalisée à l’institut médico-légal de Saint-Quentin a permis de déterminer que le décès de la jeune femme s'était produit entre 13H et 13H30 et avait pour origine une hémorragie consécutive à plusieurs morsures de chiens aux membres supérieurs et inférieurs ainsi qu'à la tête, certaines morsures étant ante mortem et d'autres post mortem.

Des prélèvements ADN avaient été effectués sur 67 chiens après la mort de la jeune femme enceinte de six mois :  62 appartenant au Rallye de la passion, dont 21 étaient présents aux abords des lieux du crime ce jour-là, et cinq autres chiens appartenant au couple, dont Curtis qu’Elisa Pilarski promenait cet après-midi d’automne.

Joint à plusieurs reprises par LCI ce jeudi pour tenter notamment d’obtenir confirmation ou infirmation des informations de France Info,  Frédéric Trinh, procureur de la République de Soissons, n’a pas répondu à nos sollicitations. 

Me Caty Richard, avocate de la famille d’Elisa Pilarski, a quant à elle dans un communiqué, "déploré qu’il ait été déjà, trop et à tort, communiqué sur les expertises ADN, et sur les délais afin d’en obtenir les résultats".

 "Aujourd’hui il est dit que ces expertises n’auraient pas lieu car leur coût serait trop important. S’il est vrai que, comme dans tous les dossiers, le coût des actes est calculé et vérifié, il n’est pas question que ce soit au détriment de la manifestation de la vérité. La juge d’instruction en charge de cette affaire a transmis, dans un premier temps, à un laboratoire l’intégralité des prélèvements faits tant sur tous les chiens que sur le corps et les vêtements d’Elisa Pilarski, en sollicitant qu’en soient extraits les ADN pour comparaison, écrit l'avocate. Le laboratoire en a chiffré le coût à plus de 200.000€. Cette somme a conduit la juge, non pas à abandonner toute étude, mais à sérier les analyses par ordre discriminatoire".

Et de poursuivre : "Pour exemple, il peut être plus utile d’expertiser d’abord les prélèvements effectués sur Elisa et ses vêtements, afin de savoir si on distingue un ou plusieurs ADN de chiens différents, puis de discriminer ces ADN avec les chiens dont il est expliqué qu’ils étaient présents ce jour-là sur les lieux, jusqu’à trouver les ADN qui 'matcheraient'."

"Il est totalement aberrant d’indiquer qu’au regard de préoccupations financières, même si elles existent et ne peuvent être passées sous silence, on empêcherait la manifestation de la vérité, s'indigne Me Richar

La juge d’instruction est très active dans cette affaire et procède sans désemparer aux actes utiles. J’appelle une fois encore à éviter les communications approximatives, qui donnent ensuite lieu à toutes les hypothèses et thèses complotistes que nous déplorons et dont les premières victimes sont les parents d’Elisa, emportés bien malgré eux dans un tourbillon médiatique qui ne font que rendre leur douleur plus intense encore..."

Il veut "la vérité"

Me Novion lui espère des avancées imminentes dans cette terrible affaire. "Christophe Ellul est envahi par la tristesse et le chagrin, il veut savoir ce qu'il s'est passé. Il a perdu sa compagne, et le petit Enzo qu'elle portait. Il ne peut récupérer son chien Curtis. Il ne peut retourner travailler. Il veut la vérité, c'est sa priorité, et il y a plus que droit", souligne son conseil. 

Depuis la mort d'Elisa Pilarski, Christophe Ellul a régulièrement posté des messages sur les réseaux sociaux pour lui rendre hommage. Début février, dans l'un d'eux, il défendait notamment son chien en quarantaine et lançait un appel à témoins. 

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