Coups, crachats... Trois chauffeurs agressés pour avoir demandé à des passagers de porter le masque

Coups, crachats... Trois chauffeurs agressés pour avoir demandé à des passagers de porter le masque
Police

FAIT DIVERS – Depuis mardi, trois conducteurs de bus ou de tramways ont été agressés en France après avoir demandé à des passagers de mettre leur masque comme le veut la législation. Des incidents qui se répètent chaque jour selon les syndicats.

"'T'es qui pour me dire ça, c……ard?" "Je n'ai pas d'ordre à recevoir, je fais ce que je veux", "Je l'ai oublié, je monte quand même c'est tout", "Fous-moi la paix"... "Depuis l'obligation du port du masque dans les transports, tous les conducteurs sont  confrontés régulièrement à des insultes proférées par des personnes qui ne veulent pas se soumettre à la législation en vigueur", assure un conducteur de bus de province à LCI ce vendredi.

Le drame de Bayonne et la mort de Philippe Monguillot, décédé à l'hôpital début juillet après avoir été frappé par de passagers à qui il avait demandé de porter le masque, n'aura pas suffi à calmer certains. En attestent les événements survenus depuis le début de la semaine dans trois villes françaises au moins. 

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Insultes, crachats et coups

Ainsi, mardi 28 juillet à Orléans (Loiret), peu avant 19 heures, un conducteur de la ligne de bus 2 du réseau TAO bus a été frappé au visage après avoir demandé à un passager de mettre son masque. Le conducteur s'est vu prescrire trois jours d'ITT. L'auteur présumé du coup de poing, mineur, a lui été interpellé jeudi. 

Mercredi 29 juin, à Nantes (Loire-Atlantique), une conductrice de bus a signalé à des policiers qu'un passager avait refusé de mettre un masque dans son véhicule, avant de l'insulter puis de lui cracher dessus derrière la vitre de protection, l'atteignant au niveau des bras. Le trentenaire est ensuite parti, avant d'être repéré peu après à un arrêt de tram dans lequel il est monté. Interpellé peu après, le suspect a été placé en garde à vue. La conductrice, elle, a porté plainte. 

Enfin, jeudi 30 juin vers 18h30 dans le centre-ville de Dijon (Côte d'Or), un conducteur de tramway du réseau Divia a indiqué avoir été insulté puis frappé par deux passagers à qui il avait demandé de porter un masque, jeudi. "Le conducteur est sorti de sa cabine. Il a rappelé les consignes du port de masque obligatoire aux voyageurs. Il y a eu des échanges verbaux, puis des échanges de coups. Il a été frappé au visage, le nez ensanglanté", a raconté à l'AFP Frédéric Pissot, délégué CGT du réseau de transports Divia, La victime a été prise en charge par les pompiers. Une enquête a été ouverte. Deux mineurs de 16 ans ont été placés initialement en garde à vue, avant d'être finalement remis en liberté sans poursuite ce vendredi. 

Dans un communiqué le procureur de la République de Dijon Eric Mathais apporte en effet des précisions sur ce dernier événement. Selon le magistrat,  "l'employé DIVIA n'était pas en service au moment des faits. Il venait de quitter son service et empruntait, en tant que passager, le tramway. Il était cependant encore vêtu de son polo de travail siglé DIVIA". Le conduteur aurait demandé alors aux deux jeunes hommes d'en mettre un. "L'un des 2 jeunes hommes obtempérait, l'autre indiquait ne pas avoir de masque. L'employé DIVIA lui demandait alors de quitter le tramway qui était encore à l'arrêt. Le jeune homme obtempérait. L'employé DIVIA affirme avoir alors entendu des insultes, voire des menaces, ce que conteste le jeune homme". 

Au même moment, l'employé DIVA est sorti à son tour du tramway. "Une altercation éclatait entre les deux hommes. Des violences réciproques intervenaient manifestement, puisque l'employé DIVA présentait diverses blessures avec une ITT de 5 jours et le jeune homme, sans antécédents judiciaires, diverses blessures avec une ITT de 4 jours. Le second jeune homme, qui était lui aussi descendu du tramway à la suite de l'employé DIVIA, intervenait, soit pour séparer les deux hommes, soit pour venir en aide au premier jeune homme", détaille le procureur présiant que "les faits sont donc plus compliqués que ce qui a pu être indiqué jusque-là".

La magistrat ajoute qu'il est "nécessaire de poursuivre les investigations en enquête préliminaire, afin de déterminer le plus précisément possible les circonstances exactes et les responsabilités". Il appelle d'ailleurs toute personne susceptible d'apporter son témoignage ou des éléments à se manifester commissariat central de police de Dijon. "Une décision concernant l'orientation de ce dossier interviendra à l'issue des investigations complémentaires", conclut Eric Mathais.

"C'est devenu quotidien"

Contactée par LCI, la RATP indique ne pas avoir connaissance d'événements violents de ce type sur son réseau francilien. Les insultes sont devenues toutefois monnaie courante. "Nous sommes habitués à la mauvaise humeur de certaines, à l'impolitesse d'autres qui ne disent jamais bonjour, aux insultes, moins. C'est incontestable, elles ont augmenté depuis que nous devons demander aux voyageurs de mettre un masque. C'est devenu quotidien sur le réseau, Il faut faire avec", commente auprès de rédaction un conducteur de bus parisien sous couvert d'anonymat.

Sur tous les réseaux, les conducteurs rappellent aux passagers que la validation du titre de transport, comme le port du masque depuis le mois de mars, sont obligatoire dans les bus, tramways, et métros. Ils n'ont pas vocation à verbaliser les personnes, ce sont des agents dédiés, souvent des contrôleurs, qui sont chargées de ces missions.

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