"Singes hurleurs" : après des propos racistes, un gendarme va être privé de sa médaille d'honneur

"Singes hurleurs" : après des propos racistes, un gendarme va être privé de sa médaille d'honneur
Police

SANCTION - Il avait comparé les Guyanais à des "singes hurleurs" : un chef d’escadron de la gendarmerie est sur le point d’être privé de sa médaille d’honneur. Le gouvernement veut ainsi montrer sa volonté de lutter contre le racisme.

Le ministère des Affaires étrangères a engagé une procédure pour retirer la médaille d'honneur octroyée à un gendarme qui avait comparé les Guyanais à des "singes hurleurs", a annoncé lundi un porte-parole adjoint, confirmant une information du site Mediapart. "Nous confirmons que le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a lancé une procédure de retrait de la médaille d'honneur des Affaires étrangères attribuée à cette personne", a-t-il déclaré. "Cette décision traduit la volonté du ministère de lutter contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations", a-t-il ajouté.

Le chef d'escadron de gendarmerie visé par cette procédure s’était livré le 21 avril 2018, dans un discours clôturant une mission sur place, à ce qu'il avait alors appelé une "allégorie" sur la population locale. "Quelle faune exceptionnelle que tous ces singes hurleurs lançant autant de jurons que de parpaings pour marquer leur territoire, ces petits caïmans trempant jour et nuit dans l'alcool", avait-il lancé, selon son discours révélé par LCI et Le Monde.

Le ministre de l'Intérieur de l’époque, Gérard Collomb, avait dénoncé en mai 2018 "des propos inadmissibles et choquants" et la gendarmerie avait engagé une procédure disciplinaire à l'encontre du chef d'escadron.

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"C'était grave, ce qu'il venait de dire"

La médaille des Affaires étrangères, qui récompense des "services exceptionnels accomplis sur le territoire national ou hors de France", lui avait été décernée le 27 février 2018 pour des actions de formation en Irak, a précisé le ministère. Le Quai a expliqué avoir lancé la procédure de retrait dès qu'il a eu "connaissance de ces faits, ainsi que de la sanction administrative du récipiendaire, éléments qui ne (lui) avaient pas été signalés précédemment". La nature de la sanction n'a pas été communiquée.

Le 18 mai 2018, soit quelques jours après l'ouverture de la procédure disciplinaire, un arrêté signé par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, avait confirmé sa décoration, a rappelé Mediapart.

Au moment des faits, plusieurs gendarmes présents lors du discours nous avaient de leur côté fait part de leur indignation. “On était interloqués. On voyait que certains gendarmes n’étaient pas choqués et d’autres si. On s’est dit à plusieurs que c’était grave, ce qu’il venait de dire", a témoigné ainsi l’un d’eux auprès de LCI.

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