Après le suicide de 28 d’entre eux, les policiers réclament des mesures "sans délai"

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SÉRIE NOIRE - Jeudi 18 avril, deux policiers se sont donnés la mort, ce qui porte à 28 le nombre de suicides depuis le début de l'année. Une intersyndicale appelle à des rassemblements silencieux devant les commissariats vendredi, et demande à être reçue en urgence par le ministre de l’Intérieur.

"Des mesures fortes et immédiates doivent être prises sans délai" : une fois de plus, les syndicats de police demandent au gouvernement d’agir, après une journée particulièrement tragique. Jeudi 18 avril, deux policiers se sont en effet donné la mort. A Montpellier, une capitaine de police de la sûreté départementale de l’Hérault s’est suicidée dans son bureau avec son arme de service : ses collègues l’ont découverte vers 9h, alertés par une odeur de poudre. En début d'après-midi, c’est un autre policier qui a été retrouvé sans vie à son domicile à Villejuif (Val-de-Marne). Âgé de 25 ans, il était agent de la Direction de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris.


Ces deux drames rallongent une série déjà bien noire. Déjà dans la nuit de lundi à mardi, un policier du centre de rétention administrative de Metz a commis l’irréparable chez lui. Ces trois nouvelles morts en l’espace de quelques jours portent à 28 le nombre de suicides chez les policiers depuis le début de l’année.

"L’intersyndicale de tous les corps de la Police nationale ne supporte plus de perdre autant de collègues", déclare l’organisation en question dans un communiqué. Tous les syndicats de police, des commissaires aux gardiens de la paix en passant par les officiers, appellent à faire des rassemblements silencieux devant les commissariats vendredi 19 avril, de 11h30 à midi, en hommage aux collègues décédés. 

Accélération du plan anti-suicides

Ils demandent par ailleurs à être reçus "en urgence" par le ministre de l’Intérieur. Christophe Castaner, en visite à l'hôpital des gardiens de la paix à Paris, a promis vendredi dernier une accélération dans la mise en oeuvre du plan anti-suicides lancé en 2018 par son prédécesseur, Gérard Collomb. Il a également annoncé la création d'une "cellule alerte prévention suicide" pour la police nationale en assurant que le suicide n'était pas une "fatalité". Un numéro de téléphone dédié, disponible 24h/24, permettra en outre de signaler les risques et de mettre les personnes en souffrance en relation avec des psychologues.


"Le plan de lutte contre les suicides dans la police doit devenir une cause nationale et être décrété PRIORITÉ ministérielle", réclament les syndicats policiers. 


En 2018, 35 policiers et 33 gendarmes se sont suicidés, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

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