Attaque à la préfecture de police de Paris : qu’est-ce que la DRPP, le service de renseignement où travaillait Mickaël H. ?

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L'attaque meurtrière à la préfecture de police de Paris

SECURITE – L’auteur présumé des coups de couteaux qui ont coûté la vie à quatre fonctionnaires et blessé grièvement un agent administratif jeudi midi sur l’île de la Cité à Paris travaillait à la préfecture depuis 2003. Il était informaticien depuis plusieurs années au service technique de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP).

Cinq morts, dont l'agresseur, un blessé grave. Au lendemain de l’attaque perpétrée sur l’île de la Cité dans l’enceinte de la préfecture de police de Paris, beaucoup de questions sont encore sans réponse. 

SI le mobile du suspect, abattu par un policier après l'attaque, reste à déterminer, son profil se précise au fil des heures. De Mickaël H. 45 ans, auteur présumé des coups de couteaux qui ont coûté la vie à quatre de ses collègues et blessé un autre avant qu’il ne soit abattu, on sait notamment qu’il travaillait à la préfecture de police de Paris depuis 2003. 

Depuis plusieurs années, le quadragénaire, né à Fort-de-France aux Antilles, domicilié en métropole à Gonesse dans le Val d’Oise, marié depuis 2014 et père de deux enfants, travaillait comme agent administratif au sein de la Direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP). Une activité qui lui valait d'être habilité "secret défense", lui permettant ainsi l'accès "aux informations et supports dont la divulgation est de nature à nuire gravement à la défense nationale", comme l'explique sur son site le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).

LCI revient sur les missions de cette direction. 

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Paris et la petite couronne

La DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure) et le SCRT (Service central du renseignement territorial) ont une compétence nationale en matière de renseignement. La Direction du  renseignement de la Préfecture de police (DRPP) a elle une compétence pour la zone de Paris et dans les départements de la Petite Couronne. Elle dispose d’environ un millier de policiers. Elle exerce une pleine compétence dans le domaine du renseignement territorial et partage les activités de lutte contre le terrorisme et les subversions violentes avec la DGSI.

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Les Missions de la Direction du renseignement

La DRPP a pour mission notamment de "lutter contre les extrémismes à potentialités violentes et le terrorisme, en particulier l’islamisme radical". "Les investigations visent principalement à déjouer les projets d’attentats et à démanteler les filières d’acheminement des jeunes vers les zones de combat. Les recherches portent également sur le soutien logistique et financier que certains groupes ou individus sont susceptibles d’apporter à des structures terroristes et sur le prosélytisme en faveur du djihad exercé par certains", précise la préfecture de police sur son site

Elle est également chargée de contribuer au maintien de l’ordre public. Il s’agit notamment pour elle de "rechercher, centraliser et analyser l’information générale sur les phénomènes économiques et sociaux ayant des répercussions sur l’ordre public". En amont des manifestations revendicatives, des grands rassemblements festifs et sportifs et des déplacements de personnalités, elle procède à des enquêtes et à des évaluations afin d’anticiper les risques.

La DRPP doit également "lutter contre les filières d’immigration clandestine et le travail irrégulier des étrangers." Une mission dont elle s'acquitte en travaillant avec les directions de la police judiciaire et de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne."

Plus globalement, cette direction accompagne le travail de terrain de l'ensemble des policiers, en recherchant des informations susceptibles d'orienter le travail de terrain de l'ensemble des policiers".  En l'espèce, cela consiste, dans tous les quartiers sensibles, à "identifier des réseaux ou des délinquants locaux sur lesquels pourraient être menées des enquêtes criminelles." 

Habilitation "secret défense"

Driss Aït Youssef, président de l'institut Léonard de Vinci, spécialiste des questions de sécurité indique sur BFM TV  que le travail du suspect portant notamment sur "les systèmes d'information, il y avait donc là une habilitation 'secret défense', la plus haute au sein de la police". Cette habilitation, selon lui, devait "théoriquement montrer que cet individu ne présentait pas de problèmes de moralité incompatibles avec des fonctions de traitement d'informations sensibles". Commentant cette particularité, le préfet de police Didier Lallement a assuré, vendredi 4 octobre, dans un point presse, que Mickaël H. était "en règle avec les obligations inhérentes à ce type d'habilitation.

Pour accéder à la DRPP, chaque candidat doit avoir un casier vierge, mais aussi communiquer les identités et coordonnées de ses proches, qui sont soumis à évaluation.

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