Attaque à la préfecture de police : deux policiers désarmés après des soupçons de radicalisation

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L'attaque meurtrière à la préfecture de police de Paris

CONSÉQUENCES INDIRECTES - Huit jours après l'attaque de la préfecture de police de Paris, ayant coûté la vie à quatre membres des forces de l'ordre, sans compter l'assaillant, deux policiers, un brigadier et un capitaine de police, ont été désarmés au nom du principe de précaution, pour soupçons de radicalisation. L'un d'eux a même été suspendu provisoirement de ses fonctions.

L'attaque de la préfecture de police de Paris le 3 octobre dernier aura eu des répercussions rapides dans les rangs des forces de l'ordre. Selon les informations du Parisien, confirmées à LCI, deux agents de police exerçant en Île-de-France ont été désarmés, jeudi 10 décembre, au nom du principe de précaution. Le premier, un capitaine de police de 39 ans affecté à la brigade d’exécution des décisions de justice, le service chargé de traquer les fugitifs, a été désarmé et suspendu de ses fonctions à titre provisoire.

Ce dernier avait déjà fait l'objet de signalements par le passé, pour suspicion de radicalisation suite à un changement de comportement après son mariage avec une femme de confession musulmane. A l’époque, l’enquête diligentée n’avait rien donné. Après la tuerie de la préfecture, il aurait de nouveau été signalé, entraînant ce désarmement et cette suspension au nom du principe de précaution.

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Un brigadier révoqué puis réintégré

Concernant le second, le cas est plus complexe. Brigadier en poste au commissariat de Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, l'homme de 34 ans, converti à l’islam, avait été révoqué de la police en octobre 2018 pour son comportement jugé prosélyte. Selon certains de ses collègues, il inciterait les plus jeunes à faire la prière, refuserait tout contact avec les femmes et aurait des liens avec le terroriste auteur de l'attaque contre des militaires de l'opération Sentinelle, à Levallois-Perret en 2017.

Néanmoins, selon la justice, "les faits d'apologie de la religion musulmane sont prescrits" et considère les faits et allégations retenus comme "erronés". Elle avait également ordonné la réintégration du brigadier et le versement de 1 000 euros à son intention, après la contestation de sa sanction par ce dernier devant le juge des référés de la justice administrative. Sa réintégration a notamment été accordée en attendant son jugement sur le fond qui, pour l’instant, n’a toujours pas eu lieu.

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Face à cette réintégration, les syndicats de police ne cachent leur mécontentement au micro de TF1. "Les collègues n'acceptent pas de pouvoir tourner, être en patrouille, avec un individu avec un tel comportement", explique notamment Sylvain Durante, du syndicat Alternative police CFDT. Jointe par téléphone, l'avocate du policier conteste la décision de désarmer son client, expliquant que les faits ne sont pas avérés, tout en ajoutant qu'il continue d'être bien noté par sa hiérarchie.

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