Attaque à Paris : nouveau traumatisme pour l'agence Premières lignes, 5 ans après Charlie Hebdo

Attaque à Paris : nouveau traumatisme pour l'agence Premières lignes, 5 ans après Charlie Hebdo
Police

RAPPEL - Les deux personnes blessées ce vendredi dans l'attaque survenue rue Nicolas-Appert travaillent pour l'agence de presse Premières Lignes. Bien que l'on ignore pour l'heure si ses locaux étaient visés en particulier, cette dernière était au cœur de l’attentat de "Charlie Hebdo" il y a cinq ans.

Si le nom de la rue où s'est déroulée l'attaque au couteau à Paris ce vendredi, ravive le lourd souvenir de la tuerie de Charlie Hebdo, il en est de même concernant celui la société pour laquelle travaillaient les victimes. Les deux personnes blessées font en effet partie de l'agence de presse Premières Lignes, qui travaille notamment pour l'émission de France 2 "Cash Investigation". Il s'agit de jeunes chargés de production. 

Bien que l'on ignore pour l'heure si ces locaux étaient visés en particulier, le nom de cette agence avait été à de nombreuses reprises mentionné en janvier 2015 après l’attentat meurtrier visant l'hebdomadaire satirique, dont le procès s'est ouvert en début de mois.

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"Un traumatisme extrêmement profond"

Pour rappel, cette agence de production est en effet installée dans le même immeuble et au même étage que les anciens locaux de Charlie Hebdo, rue Nicolas-Appert, dans le 11e arrondissement de Paris. "La plupart des collaborateurs de Premières lignes ont déjà vécu la première attaque des frères Kouachi il y a cinq ans, c'est un traumatisme extrêmement profond", a ainsi souligné sur France 2 Elise Lucet, directrice de "Cash Investigation", précisant leur apporter son soutien alors qu'"ils sont avec les policiers en train de témoigner."

A l'époque, le journaliste de Premières Lignes Édouard Perrin avait d'ailleurs été l'un des premiers à pénétrer sur la scène de crime pour porter secours aux victimes. A l'AFP, il expliquait encore récemment que de ne pas déménager après la tuerie avait été un "choix politique". Et de détailler : "On s'habitue. On fait avec. (...) On n'oublie pas. Il m'a fallu du temps pour être un peu tranquille avec ces fantômes..." Enfin, la fameuse vidéo des frères Kouachi prenant la fuite après la tuerie, diffusée en boucle après les faits, avait été filmée par des salariés de cette société de production.

Il est bien évidemment beaucoup trop tôt pour savoir si ces éléments troublants ont un lien avec le mobile des deux auteurs présumés de l'agression survenue ce 25 septembre.

"Deux collègues fumaient une cigarette"

"J'ai eu évidemment les producteurs et plusieurs salariés de Premières Lignes Télévision au téléphone (...), ce qu'ils me confirment maintenant avec certitude, c'est que deux de nos collaborateurs sont blessés, un homme et une femme, qu'ils ont été blessés par un homme qui était dans la rue, donc devant les anciens locaux de Charlie Hebdo", a déclaré ce vendredi sur France 2 la présentatrice de l'émission, Elise Lucet. "Une de nos salariées a vu cet homme courir avec une lame de boucher ou une machette après un de nos collaborateurs qui était déjà blessé et même ensanglanté", a précisé la journaliste.

"Deux collègues fumaient une cigarette en bas de l'immeuble, dans la rue. J'ai entendu des hurlements. Je suis allée à la fenêtre et j'ai vu un de mes collègues, taché de sang, être poursuivi par un homme avec une machette dans la rue. On sait que nos deux collègues sont blessés, mais nous n'en savons pas davantage pour le moment", a par la suite affirmé une employée de Premières Lignes, jointe par l'AFP.

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L'entreprise, spécialisée dans le journalisme d'investigation, a été fondée en 2006 par le journaliste Paul Moreira, qui avait notamment créé le magazine d'investigation "90 minutes" sur Canal+. Il est rejoint en 2009 par un autre ancien journaliste de Canal+, Luc Hermann, avec qui il avait travaillé pour "90 minutes".

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