Attaque près des anciens locaux de Charlie Hebdo : les derniers éléments de l'enquête

Attaque à Paris : l'assaillant pensait s'attaquer à Charlie
Police

LE POINT - Deux personnes ont été attaquées à l'arme blanche vendredi en fin de matinée devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, dans le XIe arrondissement de Paris. L'auteur présumé, qui selon nos informations a reconnu en garde à vue avoir repéré les lieux la veille, pensait s'en prendre à des journalistes de l'hebdomadaire satirique.

La rue Nicolas Appert rebascule dans l'horreur. Ce vendredi 25 septembre, peu avant midi, deux personnes ont été attaquées dans le XIe arrondissement de la capitale, dans la rue où se trouvait l'ancien siège de Charlie Hebdo. Cette attaque est survenue alors que se tient le procès de l'attentat meurtrier qui avait visé l'hebdomadaire satirique en janvier 2015, et que le journal fait l'objet de nouvelles menaces depuis la republication des caricatures de Mahomet le 2 septembre dernier.

LE LIEU

L'attaque à l'arme blanche a eu lieu ce vendredi à 11h47, au 6 rue Nicolas Appert, dans le XIe arrondissement de Paris. C'est là que se situaient les locaux de Charlie Hebdo lors de l'attentat du 7 janvier 2015. Un large périmètre de sécurité a été établi par les forces de l'ordre pour boucler le secteur. Les écoles des IIIe, IVe et IXe arrondissements, de la crèche au lycée, ont été confinées. Les stations de métro Bastille, Richard-Lenoir, Breguet Sabin, Saint-Sébastien Froissart, Chemin Vert et Saint-Ambroise ont été fermées au public par "mesure de sécurité", a indiqué la RATP. Plusieurs lignes de bus ont été déviées. 

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LES VICTIMES

Deux personnes ont été blessées dans cette attaque à l'arme blanche. Il s'agit de deux collaborateurs, un homme prénommé Pierre et une jeune femme, Julie, de "Premières Lignes", une agence de production audiovisuelle, installée dans l'immeuble du 6 rue Nicolas Appert. Ils se trouvent en état d'urgence absolue, mais leur vie n'est pas en danger. "Ils sont l'un et l'autre dans deux hôpitaux de Paris", a indiqué sur LCI Luc Hermann, journaliste de la société de production, qui a entendu "des cris dans la rue" et s'est "penché à la fenêtre". "Tous les deux, un homme et une femme de notre équipe de production, étaient descendus pour une pause cigarette". "Ils discutaient et ont été attaqués par le même assaillant avec un très gros couteau qui a ensuite a pris la fuite", a ajouté le journaliste.

"Des personnes sont venues aider (la jeune femme), l'ont prises et emmené dans un bureau", a raconté à LCI un habitant, témoin de la scène, qui a vu aussi l'autre victime, "un homme sur un brancard". "Dans le même temps, d'autres sont sortis du bureau avec des espèces de barres à mine et ont coursé le ou les personnes susceptibles de l'avoir agressée", a-t-il poursuivi.

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UN SUSPECT QUI AURAIT AGI SEUL MAIS HUIT PERSONNES EN GARDE A VUE

Un homme a rapidement été arrêté après les faits. Il s'agit d'un Pakistanais qui a donné une identité et un âge aux enquêteurs : Ali H., 18 ans. Lors de sa garde à vue, l'homme a "assumé" son geste et indiqué avoir commis cet attentat en réaction à la republication des caricatures de mahomet par Charlie Hebdo. Selon nos informations, il a reconnu avoir repéré les lieux de l’attaque jeudi, comme l'ont montré des images des caméras de vidéosurveillance. 

Selon ses décalrations, Ali H., qui ne parle pas français et pas très bien l'anglais, pensait que les locaux de Charlie Hebdo se trouvaient toujours rue Nicolas Appert. C’est donc bien l'hebdomadaire satirique qu’il visait, pensant s’attaquer à deux de ses journalistes. Il avait par ailleurs une bouteille de White-spirit dans son sac à dos et envisageait de façon hypothétique d’incendier le bâtiment. Il ne parle pas de Daech ni d’Al-Qaïda selon une source proche de l'enquête, se disant simplement musulman. A ce stade, il semble avoir agi seul. Aucun élément de radicalisation n'a été trouvé par les enquêteurs.

C'est sur l'entourage de l'auteur présumé des faits que se concentrent désormais les enquêteurs : dans la soirée, tandis que des perquisitions avaient lieu à Pantin (93), cinq autres hommes, nés entre 1983 et 1996, ont été interpellés et placés en garde à vue.  Puis un sixième individu a été placé en garde à vue, le colocataire principal du suspect lorsqu'il résidait dans le Val d'Oise. Deux nouvelles personnes, le frère et une connaissance du principal suspect, ont été placées en garde à vue ce samedi.

Un Algérien - présenté lui aussi vendredi comme un suspect - a été relâché vendredi en debut de nuit. Il a été mis hors de cause, son avocate assurant qu'il est en fait "un héros"

UN DANGER SOUS-EVALUÉ RUE NICOLAS APPERT ? 

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a reconnu que la menace avait été "sous-évaluée" dans la rue Appert, théâtre de l'attaque. Il a demandé des comptes à la préfecture de police. Celle-ci a fait valoir qu'aucune menace n'avait été signalée ces dernières années.

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LE PARQUET ANTITERRORISTE SAISI

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a été saisi de l'enquête après cette attaque à l'arme blanche "pour trois raisons", a assuré le procureur Jean-François Ricard. "D'abord, la localisation, c'est-à-dire précisément devant l'immeuble où était autrefois installé la rédaction de Charlie. Deuxièmement, eu égard au moment de la réalisation de ces faits, c'est-à-dire au moment du procès des auteurs des attentats de janvier 2015. Et, enfin, compte tenu de la matérialisation des faits, c'es-à-dire de la volonté manifeste de l'auteur d'intenter à la vie de deux personnes dont il ignorait tout", a-t-il justifié.

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Attaque à l'arme blanche près de l'ex-siège de Charlie Hebdo à Paris

L'enquête de flagrance, ouverte pour les chefs de "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle", a été confiée à la brigade criminelle et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

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